Le gouvernement malien veut contenir la hausse persistante du prix de la viande sur les marchés. Une réunion de crise s’est tenue lundi 5 octobre 2026 à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), sous la conduite du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo. Les professionnels du secteur bétail-viande étaient réunis pour examiner la situation.
Les échanges ont permis de mesurer l’ampleur de la hausse observée depuis plusieurs mois. Selon les données présentées lors de la rencontre, le prix moyen national du kilogramme de viande avec os est passé de 3 211 francs CFA fin avril à 3 502 francs CFA début octobre. Cette progression pèse directement sur le pouvoir d’achat des consommateurs maliens.
À Bamako, la situation apparaît encore plus préoccupante. Le kilogramme de viande avec os se négocie désormais entre 4 300 et 4 500 francs CFA, contre 3 800 à 4 000 francs CFA en avril. La viande sans os atteint, pour sa part, environ 5 000 francs CFA le kilogramme, accentuant les difficultés rencontrées par les ménages.
Cette rencontre a été organisée sur instruction du président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État. Elle a rassemblé les acteurs du secteur bétail-viande, les structures techniques concernées ainsi que les représentants des ministères chargés de l’Élevage et des Finances.
Les participants ont d’abord cherché à identifier les principaux facteurs expliquant cette augmentation. Les discussions ont notamment porté sur la progression des coûts de production et de transport, mais également sur les difficultés rencontrées dans la commercialisation du bétail. Ces contraintes réduisent l’offre disponible et contribuent à maintenir une forte pression sur les prix.
La sécurisation de la chaîne d’approvisionnement figure parmi les pistes examinées. Les échanges ont insisté sur la nécessité de mieux protéger les marchés à bétail, notamment les garbals, ainsi que les principaux axes empruntés pour le transport des animaux. Un approvisionnement plus régulier pourrait contribuer à réduire les tensions observées sur les marchés de consommation.
La question de l’alimentation animale a également occupé une place importante dans les discussions. Les professionnels et les services techniques ont recherché des solutions permettant de diversifier les sources d’aliments destinés au bétail. La réduction du coût de l’élevage constitue un levier essentiel pour agir sur les prix pratiqués tout au long de la chaîne.
Les nouvelles discussions prolongent les mesures engagées depuis avril pour tenter de maîtriser le marché. Parmi les actions évoquées figurent notamment la limitation de certaines exportations de bétail et la création ou le renforcement de marchés situés à proximité de Bamako. L’objectif reste d’améliorer l’offre locale et de rapprocher les animaux des consommateurs.
À l’issue de la rencontre, le ministre de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’instauration de concertations hebdomadaires avec les acteurs concernés. Ces rendez-vous doivent permettre d’évaluer rapidement les mesures retenues, d’identifier les difficultés persistantes et d’apporter des réponses adaptées. Le gouvernement entend ainsi agir sur les différents maillons de la filière.
Au-delà de la réunion de crise, l’enjeu est désormais de transformer les décisions annoncées en mesures concrètes et rapidement applicables. La baisse des coûts de production, la sécurisation des circuits d’approvisionnement et l’amélioration de la commercialisation restent au cœur des préoccupations. Le gouvernement veut ainsi parvenir à rendre la viande plus accessible aux consommateurs maliens.
Fatoumata Togo
