Gestion de la transition : Le Conseil national de la société civile non satisfait, brise le silence !

Le Conseil national de société civile du Mali (CNSC) a animé ce vendredi 12 février 2021, une conférence de presse au siège de ladite structure. L’objectif de cette conférence animée par le président, Boureïma Allaye Touré était de faire l’analyse de la situation du pays sur les 5 mois de gestion de la transition.

Le CNSC déclare qu’après une analyse sur les 5 premiers mois de la Transition, que l’évolution de la situation sociopolitique nationale devient de plus en plus inquiétante, en dépits des espoirs de changements légitimes nourris par le peuple malien aussitôt le 18 août 2020.

Par ailleurs, le président de la structure annonce que le Conseil national de la société civile a suivi et continue de suivre avec un grand intérêt l’évolution de la situation politique que le Mali traverse depuis la mise en place des autorités de la Transition et les tractations de la mise en place du Conseil national de la Transition.

Selon le président, à chaque étape de ces processus, le CNSC s’est toujours donné le devoir de réserve de soutenir la Transition au Mali. « Notre pays est dans une situation fragile et le sursaut d’ensemble attendu n’est toujours pas là », a-t-il dit.

Pour M. Touré, le Conseil national de la société civile, dans sa mission de veille citoyenne, est dans l’obligation morale de mettre à la disposition de l’opinion nationale, internationale et de prendre le peuple malien à témoin de l’analyse de la structure sur la situation du pays.

En outre, le président Touré annonce que le Conseil national de la société civile a constaté que durant les 5 premiers mois de la Transition, l’engagement pris par le CNSP, le soir du 18 août 2020, qui consiste à la mise en place d’une Transition qui implique l’ensemble des forces vives du pays pour bâtir une Gouvernance, démocratie plurielle et égale est actuellement très loin des attentes du peuple.

Il affirme aussi que la gestion de la transition se passe de façon très opaque à travers l’exclusion tant des acteurs de la société civile dont la mission est le contrôle citoyen de l’action publique et de la classe politique à charge de l’animation du fait démocratique.

Selon le président, cette situation ne profite qu’à une minorité qui dirige la Transition à travers une main mise sur l’ensemble du pouvoir et tous ses leviers constituant ainsi un frein à l’expression tant de la souveraineté du peuple et ce malgré les appels, orientations multiples de la CEDEAO que de toute la communauté internationale.

Ensuite, les risques majeurs liés aux non respects des Droits et de libertés individuelles chèrement acquis. Outre cela, selon les responsables du CNSC, à cette date, il n’existe aucune visibilité sur les fondements d’une transition qui doit jeter les jalons de la refondation du Mali à travers les réformes constitutionnelles, institutionnelles, l’organisation d’élections transparentes et crédibles et tout sur la base d’une feuille de route détaillée assortie d’un chronogramme qui n’est pas disponible après 5 mois.

Le CNSC dénonce la forme de militarisation de l’Administration publique en général, qui est source de frustration de la plupart des acteurs étatiques, en témoignent les contestations et grèves des syndicats de l’Administration.

Ainsi, le CNSC exige au président de la transition de procéder dans un bref délai à la recomposition du Conseil national de la Transition, conformément aux décrets cités à l’article 13 de la Charte afin de retrouver la légalité et la légitimité nécessaires en tant qu’organe de représentation nationale.

De ce fait, le CNSC demande au Gouvernement de la Transition d’accélérer les leviers prioritaires que sont : la lutte contre le terrorisme et la gestion des conflits inter et intracommunautaires, le retour de l’Administration et des services sociaux de base, la relecture de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger conformément aux recommandations du DNI.

Ensuite, l’accélération du processus de lutte contre la corruption et la délinquance financière et l’assainissement de la gouvernance des affaires publiques ainsi qu’’à la création d’un cadre harmonisé avec toutes les Forces vives de la Nation et la Diaspora pour la Refondation nationale à travers des réformes consensuelles pertinentes centrée sur l’Etat, la démocratie et la Bonne gouvernance.

Ibrahim Djitteye

Source : LE PAYS

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