En Guinée, la partie Alpha Condé s’est renfermée ce dimanche 5 août 2021. Mamady Doumbouya, un ancien légionnaire français a mis fin au règne du président Guinéen, Alpha Condé longtemps contesté par la classe du pays qui considère son élection pour un troisième mandat comme coup d’État « anticonstitutionnelle ».
Le lieutenant-colonel, Mamady Doumbouya est le nouvel homme fort de Guinée. Découvert par les guinéens le 2 octobre 2018 à l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l’indépendance du pays, cet ancien légionnaire de l’armée française qui a mené plusieurs opérations en Afghanistan au compte de la France est depuis le chef des Forces spéciales antiterroristes de la Guinée.
Agé de 83 ans, Alpha Condé est l’un des mastodontes de la politique guinéenne qui, avant d’être président de la République en 2010 était considéré comme l’opposant historique de la République de la Guinée. Dès les années 1960 alors qu’il était encore étudiant en France, Alpha Condé fonde un mouvement d’opposition au régime du père de l’indépendance du pays, Sékou Touré. Le jeune opposant Condé se verra condamner par contumace par ce dernier.
Après avoir passé plusieurs années en France, Alpha Condé rentre en Guinée après la mort de Sékou Touré dont le régime était considéré comme « autoritaire ». Il crée ensuite le Rassemblement du peuple guinéen (RPG). Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1993 et 1998 face à l’ancien président Lassana Conté. Il se voit plus tard arrêté et jeté en prison par ce dernier. Suite à la mort de son ennemi politique en 2008, il remporte la présidentielle de 2010 au second tour, obtenant 52,5% de voix.
De l’opposant historique à la présidence à vie
Après avoir passé près d’une cinquantaine d’années dans l’opposition, Alpha Condé s’est montré très dur pendant son règne qui pris fin ce dimanche 5 septembre 2021. Surnommé « le Nelson Mandela de l’Afrique de l’Ouest », Alpha Condé a, pendant ces dix ans au pouvoir, exercé un régime solitaire et souvent autoritaire. En 2020, à quelques mois avant la fin de son second quinquennat, a modifié la constitution par referendum pour pouvoir se maintenir au pouvoir.
Par ailleurs, cette modification de la constitution proposée par le Chef de l’État était considérée par les opposants comme « un coup d’État » constitutionnel. L’intention prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat présidentiel lors des élections de 2020 était à l’origine des manifestations. Elle avait ainsi suscité une vive tension entre le régime du président Condé et l’opposition qui a dit non à un troisième du Chef de l’État. Les forces de sécurité ont par ailleurs, réprimé dans la violence des partisans de l’opposition avant et pendant la tenue, le 22 mars 2020, du référendum constitutionnel et des élections législatives du fait qu’ils dénoncent un « coup d’État » constitutionnel. Les coups d’État ou les tentatives de Coup d’État en Afrique, une situation qui inquiète
Ces deniers mois, plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne ont connu soit un Coup d’État soit une tentative de l’État. Elle est considérée comme le continent qui a compté le plus grand nombre de coup pour cette dernière décennie. à cet effet, les coup d’État militaires sont généralement soutenus par les populations civiles. Le Mali a connu en moins d’une année deux coup d’État militaire. Tout d’abord, le président Ibrahim Boubacar Keita, après avoir subi la colère d’une grande partie de la population malienne, a été, par la suite chassé par un coup d’État militaire piloté par le colonel Assimi Goita. Ce dernier évincera neuf mois plus tard, le président de la transition, que lui-même a imposé à la population. Par ailleurs, le gouvernement du Niger a annoncé au cours de cette année (2021), avoir maitrisé une tentative de coup d’État.
Cependant, en Côte d’Ivoire l’annonce de la candidature en 2020 du Président Alassane Ouattara avait suscité une vive tension le pouvoir et l’opposition. Plusieurs manifestants contestateurs ont été tués au cours de leurs mouvements de contestations. En effet, le pays avait maitrisé une mutinerie majeure qui a éclaté au sein de l’armée de Côte d’Ivoire en janvier 2017. Les mutins, pour la plupart des ex-rebelles des Forces nouvelles de Côte d’Ivoire, qui avaient été intégrés dans les forces armées en 2011, ont été motivés par des plaintes au sujet de leurs salaires et de leurs conditions de vie.
Ibrahim Djitteye
Source : LE PAYS
