Les autorités judiciaires guinéennes ont annoncé l’interpellation de plusieurs individus, dont sept ressortissants maliens, dans le cadre d’enquêtes liées au terrorisme et à l’extrémisme violent.
Dans un communiqué rendu public par le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry, il est précisé qu’un groupe de onze personnes a été arrêté en avril 2025 dans les préfectures de Siguiri, Mandiana et Kankan. Ce groupe est composé de sept Maliens, deux Nigériens, un Burkinabè et un Guinéen, interpellés à l’issue d’investigations menées en coordination avec les forces de défense et de sécurité.
Un Malien soupçonné de liens avec le GSIM
Dans la même dynamique, un autre ressortissant malien, identifié comme Fotigui Daou, a été arrêté à Kankan par la gendarmerie nationale. Il est suspecté d’appartenir à une cellule dormante affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
Les investigations ont révélé des liens présumés entre l’intéressé et ce groupe, ainsi que son implication dans des réseaux de radicalisation en ligne. Lors de son audition, il aurait reconnu avoir participé à une opération de libération d’otages contre rançon, sans autorisation légale, ce qui constitue, selon les autorités, un acte de financement d’activités terroristes.
Des réseaux de radicalisation en ligne démantelés
Les enquêteurs ont également mis au jour plusieurs groupes de messagerie, notamment sur WhatsApp, affiliés à ces réseaux. Ces groupes, aux appellations telles que « Charia », « Daroul Fatwa » ou encore « Islam, l’unique solution finale au monde », totalisent plus de 500 membres, dont plusieurs ressortissants guinéens.
Deux individus guinéens ont été formellement identifiés comme membres actifs de ces réseaux et interpellés respectivement à Siguiri et à Conakry.
Des poursuites judiciaires engagées
L’ensemble des personnes interpellées a été déféré devant le parquet d’instance de Kaloum, juridiction compétente en matière de terrorisme. Elles ont été inculpées et placées en détention pour des faits de complicité de terrorisme, d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et de financement du terrorisme.
Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre des dispositions du Code pénal guinéen et de la législation relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Les autorités appellent à la vigilance
Le Parquet général a tenu à rassurer la population quant à la mobilisation des autorités judiciaires et sécuritaires pour garantir la protection des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national.
Il a également appelé les citoyens à faire preuve de vigilance et à collaborer activement avec les services compétents en signalant tout comportement suspect.
Enfin, les autorités guinéennes ont réaffirmé que la lutte contre le terrorisme demeure une priorité nationale, menée dans le strict respect des lois et des droits fondamentaux.
Kémoko Diabaté
