Dans le cadre de leurs activités, les responsables de la Commission de veille à l’Exploitation minière, artisanale et à petite échelle (EMAPE) ont tenu, mardi 6 octobre 2026 dans les locaux de la Commission Nationale de Suivi-évaluation des Assises nationales de la Refondation, une journée d’information et de sensibilisation des hommes de médias sur la problématique de la drague, formellement interdite par les textes du pays. C’était sous la houlette de M. Aly Diarra, président de la Commission, en compagnie de plusieurs responsables dont M. Ibrahima Berthé, membre de la Commission, représentant le ministère de la Justice.
Sur l’ensemble du pays, l’exploitation de l’or par la drague est une pratique bannie par les différents textes. Plusieurs opérations d’envergure menées ont abouti à la saisie et à la confiscation de nombreuses dragues à travers le pays. Malgré tout, les pratiquants poursuivent leur travail en violation flagrante des textes. Conscients du rôle et de la place qu’occupe le monde médiatique, les responsables de l’EMAPE, accompagnés des représentants des Départements ministériels de la Justice, de la Sécurité, de l’Environnement et tant d’autres, ont tenu à outiller les hommes de médias sur la problématique. « Aujourd’hui, le dragage est un phénomène qui détruit nos cours d’eau. Il devient un problème de santé et de sécurité. Vu les textes qui encadrent le domaine, la Commission a voulu s’entretenir avec la presse », a fait savoir M. Ibrahima Berthé. Au nombre des textes interdisant la pratique figure l’ordonnance de 2019. Outre cela, le code minier de 2023 est venu renforcer ce cadre juridique. Aussi, a-t-il dit, il y a un arrêté interministériel de 2019 qui interdit la pratique. « Il a été instruit aux différents préfets de prendre des dispositions locales pour interdire la fabrication du matériel artisanal de la drague », a souligné le magistrat, indiquant que l’EMAPE doit mettre tous les acteurs ensemble pour la réussite du combat. D’où la tenue de cette journée d’information et de sensibilisation à l’endroit des professionnels des médias.
Rôle de la justice dans la lutte contre l’exploitation illégale des mines artisanales
Selon les organisateurs, la justice joue un rôle fondamental dans la lutte contre l’exploitation illégale des mines artisanales, en garantissant l’application de la loi, réprimant les infractions et protégeant l’environnement et l’économie. Sur la question, les tribunaux ordonnent la confiscation du matériel illégal (pelleteuses, groupes électrogènes, véhicules) utilisé par les orpailleurs et dragueurs clandestins lors des descentes de brigades spécialisées. En matière de poursuites judiciaires, le système judiciaire engage des poursuites pénales contre les contrevenants, qu’il s’agisse d’exploitants locaux sans permis ou de ressortissants étrangers en situation irrégulière sur les sites frauduleux. L’application rigoureuse du code minier se traduit par des amendes dissuasives et des peines de prison ferme pour les récidivistes et les complices. Dans la répression des atteintes à l’environnement, la justice sanctionne l’utilisation illégale de produits toxiques (comme le cyanure ou le mercure) et les ravages écologiques (déforestation, pollution des cours d’eau par le dragage) interdits par la législation.
Quant à la lutte contre la criminalité connexe, elle démantèle les réseaux de criminalité organisée qui profitent de l’orpaillage illégal pour financer l’insécurité, le blanchiment d’argent ou le trafic illicite de substances minérales. L’existence du Pôle national économique et du Pôle judiciaire spécialisé en charge du terrorisme pour la répression des infractions est remarquable. En validant et en accompagnant les opérations de déguerpissement sur les sites non autorisés, l’institution judiciaire renforce, apprend-on de l’EMAPE, l’autorité de l’État et l’exemplarité des poursuites (comme observé dans les zones minières). Les échanges ont permis aux participants d’être suffisamment outillés sur la problématique.
Diarra Mamadou
