Dans le cadre de la nouvelle dynamique du gouvernement de tenir régulièrement informé le peuple malien de la gestion des affaires publiques, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, était dans l’émission Mali Kura Taasira3. Accueilli à Mopti pour l’occasion, le ministre a profité de l’occasion pour rassurer la communauté peule de toute la protection de l’État et du gouvernement. « Si l’État malien a des problèmes avec quelqu’un, c’est bien contre les terroristes », a-t-il indiqué.
Le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, était dans l’émission Mali Kura Taasira3. Enregistrée à Mopti, le choix de la Venise malienne, « Sudu Baba », selon le ministre Wagué, est très symbolique. Capitale des régions du centre et épicentre des violences terroristes et de conflits intercommunautaires, tenir cette émission à Mopti, selon lui, est un message fort qui témoigne des retombées positives des efforts combinés de sécurité et de réconciliation investis par le gouvernement de transition du Mali pour le retour de la paix. Évitée très souvent pour des raisons d’insécurité, Mopti abritait également la Semaine artistique et culturelle au moment de l’enregistrement de l’émission Mali Kura Taasira. Une manifestation culturelle qui lève une fois de plus le doute sur le retour de la stabilité dans cette région.
L’autre raison, et non la moindre, du choix du centre était surtout de rassurer la communauté peule de la présence de l’État et du gouvernement malien à ses côtés, en apportant un démenti formel aux allégations faisant état d’éventuelles exactions contre cette communauté.
« La région de Mopti est connue majoritairement pour être une région peule, et il faut que l’État soit aux côtés des communautés peules pour leur dire qu’il n’y a aucune exaction contre les Peuls. Les Peuls sont partout au Mali », a-t-il indiqué, s’inscrivant en faux contre cette campagne de dénigrement.
Tout en rappelant que des cadres peuls gèrent des dispositifs stratégiques au niveau de l’appareil d’État, le ministre Wagué souligne qu’il ne peut y avoir de politique d’exaction contre l’ethnie peule.
Par contre, il a tenu à lever l’équivoque : il y a véritablement des velléités contre le terrorisme, qui englobe, selon lui, toutes les communautés du Mali et d’ailleurs. « Si l’État malien a des problèmes avec quelqu’un, c’est bien contre les terroristes », a-t-il indiqué, soulignant qu’il n’a aucun problème avec les communautés, particulièrement la communauté peule, qui est une communauté chérie, une communauté agropastorale que l’État soutient toujours, comme toutes les autres communautés.
Il faut noter que depuis son retrait de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, le 25 janvier 2024, avec pour objectif de se réapproprier son processus de paix et de réconciliation, le Mali fait face à de nombreuses campagnes d’intoxication mettant à mal sa marche pour la paix et l’unité nationale, qui a à son actif : l’opérationnalisation de l’Autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali, la création du Centre pour la promotion de la Paix et de l’Unité au Mali, la relance du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration avec, au menu, l’intégration de 3 000 ex-combattants et groupes d’autodéfense, des missions de prospection dans plusieurs localités du Mali pour définir les modalités de coordination et de collaboration avec les acteurs régionaux, la finalisation de la rédaction du projet de Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale, etc.
Conscient qu’il ne saurait y avoir de paix et de réconciliation durables sans développement inclusif, le département en charge de la Paix et de la Réconciliation nationale a également mis en place des projets de développement tels que le Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) et le Projet de résilience communautaire et de services inclusifs au Mali (Malidenko), afin de construire une paix véritable.
Malgré ces acquis importants, il faut souligner qu’il existe aussi des difficultés que le gouvernement, à travers le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, travaille résolument à éradiquer, notamment l’insécurité, qui est toujours mise en avant par les groupes armés et groupes d’autodéfense pour retenir leurs effectifs au détriment du DDR. À cela s’ajoutent les difficultés des groupes armés à sensibiliser leurs hommes, à fournir une liste fiable des vrais combattants engagés sur le terrain, les lenteurs dans le processus de réparation des préjudices causés par les violations graves des droits de l’homme, etc.
Issa Djiguiba
