Suite à l’élimination des Aigles du Mali en quarts de finale de la CAN Maroc 2025 face au Sénégal, le Directeur national des Sports et de l’Éducation physique, Alou dit Boubou Diallo, a adressé une correspondance officielle à la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT). Dans ce courrier, il demande la résiliation immédiate du contrat du sélectionneur national pour insuffisance de résultats. Cette décision traduit une volonté ferme des autorités sportives de responsabiliser les acteurs techniques et de relancer la dynamique du football malien.
Le protocole d’accord signé le 1er septembre 2024 fixait quatre objectifs majeurs au sélectionneur : qualifier les Aigles pour la CAN 2025, atteindre au moins la finale de cette compétition, obtenir la qualification pour la Coupe du Monde 2026 et franchir le cap des huitièmes de finale lors du Mondial. Or, seul le premier objectif a été atteint. L’échec en quarts de finale au Maroc et l’incapacité à poser les bases d’une qualification mondiale ont scellé le sort du technicien. La DNSEP a donc demandé à la FEMAFOOT de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin au contrat, conformément aux clauses prévues.
Cette rupture contractuelle intervient dans un climat déjà tendu. Depuis janvier 2026, le football malien est plongé dans une crise institutionnelle profonde. L’élimination des Aigles au Maroc a provoqué une série de démissions au sein du Comité exécutif de la FEMAFOOT, dont celle du président Mamoutou Touré. Des affaires judiciaires impliquant le secrétaire général Sidy Bekaye Magassa ont accentué la fragilité de l’institution. Face à cette implosion, plusieurs voix réclament une Assemblée générale extraordinaire ou un Comité de normalisation sous l’égide de la FIFA, afin de restaurer la crédibilité de la fédération.
La décision du Directeur national des Sports apparaît donc comme une étape logique dans la volonté de redresser la barre. Elle traduit une exigence de résultats et une volonté de responsabiliser les acteurs techniques, dans un contexte où la performance sportive est devenue une priorité nationale. Elle met également en lumière le rôle accru de l’État dans la gestion du football. En rappelant les obligations contractuelles et en exigeant leur respect, la DNSEP affirme sa volonté de veiller à la rigueur et à la transparence dans la conduite des affaires sportives, un signal fort envoyé aux dirigeants et aux supporters.
Au-delà de la résiliation du contrat, c’est toute la politique sportive du Mali qui est en question. La fédération doit désormais définir une feuille de route claire : refonte des statuts, mise en place d’une gouvernance transparente, et surtout élaboration d’une stratégie technique cohérente. Le choix du futur sélectionneur sera déterminant. Il devra incarner une nouvelle dynamique, capable de restaurer la confiance des supporters et de relancer la performance des Aigles. Cette décision met en lumière la difficulté du football malien à transformer ses potentialités en succès concrets, malgré un vivier de talents reconnu sur le continent.
La lettre du 13 janvier 2026 n’est pas qu’un acte administratif : elle est le symbole d’une rupture entre ambitions et réalités. Elle illustre la difficulté du football malien à répondre aux attentes immenses de son peuple. Chaque échec résonne comme une blessure collective, et chaque décision prise par les autorités sportives devient un signal fort. En définitive, cette résiliation ouvre une nouvelle page qui impose à la FEMAFOOT de repenser sa stratégie et renforcer sa cohésion institutionnelle, sous peine de voir la crise s’aggraver davantage.
Le football malien, miroir des espoirs et des frustrations de toute une nation, se trouve à un carrefour : celui de la réforme et du renouveau. Les supporters, passionnés et exigeants, attendent des résultats concrets et une équipe capable de rivaliser avec les grandes nations africaines. La résiliation du contrat du sélectionneur est perçue comme une mesure nécessaire, mais elle ne suffira pas sans une refonte profonde des structures et une vision claire pour l’avenir. Les attentes populaires sont immenses, et la moindre erreur de gouvernance pourrait accentuer la défiance envers les institutions sportives. Pour rappel, le technicien belge est sous contrat avec les Aigles jusqu’en août 2026.
Cette décision du Directeur national des Sports et de l’Éducation physique marque un tournant décisif. Elle impose à la FEMAFOOT et aux autorités sportives de préparer l’avenir avec lucidité et ambition. Le choix du prochain sélectionneur, la mise en place d’une gouvernance crédible et la définition d’une stratégie technique cohérente seront les clés du renouveau. Le Mali doit désormais transformer cette crise en opportunité pour bâtir un football plus solide et plus performant. L’histoire retiendra que cette rupture contractuelle n’est pas seulement une sanction, mais un appel à la réforme et à la renaissance du football malien.
Ibrahim Kalifa Djitteye
