Chaque nation bâtit son avenir sur sa jeunesse. Une jeunesse instruite, responsable et consciente constitue le socle du développement. Pourtant, dans un Mali confronté à de nombreux défis économiques, sociaux et éducatifs, une partie de cette jeunesse semble davantage préoccupée par les « likes », les commentaires et le nombre d’abonnés que par la construction de son avenir.
Il serait injuste d’accuser les réseaux sociaux d’être les seuls responsables. Le véritable problème réside dans l’usage que nous en faisons. Passer des heures à faire défiler des vidéos sans objectif ne prépare ni à un examen, ni à un emploi, ni à la création d’une entreprise. Beaucoup rêvent aujourd’hui d’une célébrité instantanée sur TikTok, Instagram ou Snapchat, alors que la réussite durable exige des connaissances, des compétences et de la persévérance.
Les plateformes numériques ne sont pourtant pas des ennemies. Elles offrent des opportunités extraordinaires pour apprendre, entreprendre, promouvoir des activités, développer des compétences ou accéder à des formations. Utilisées avec intelligence, elles peuvent devenir de puissants outils de développement personnel et économique. Mais lorsqu’elles ne servent qu’à alimenter le buzz ou la recherche permanente de visibilité, elles deviennent un frein à l’épanouissement.
Le phénomène est préoccupant. Certains jeunes s’autoproclament influenceurs au prix de la vie privée des autres. D’autres pensent que la provocation est le chemin le plus rapide vers la notoriété. Pendant ce temps, le chômage continue de toucher durement la jeunesse. Certes, l’État a une responsabilité dans la création d’un environnement favorable à l’emploi. Mais chaque jeune porte également une part de responsabilité dans son propre avenir. L’initiative, la créativité, la formation et le travail demeurent des clés essentielles de la réussite.
Le Mali de demain dépend des choix que nous faisons aujourd’hui. Les réseaux sociaux ne sont ni une fatalité ni une solution miracle : ils sont des outils. À nous d’en faire des instruments de savoir, d’innovation et de progrès plutôt que des espaces de distraction permanente.
La jeunesse malienne doit choisir entre devenir les futurs cadres qui bâtiront le pays ou rester prisonnière d’un monde virtuel où les abonnés remplacent les compétences. L’avenir ne se construit pas à coups de « likes », mais par le travail, le savoir et le sens des responsabilités. À nous d’écrire cette nouvelle page de l’histoire du Mali
Sira kamissoko, stagiaire
