Aminata Traore a la conference inter pour la paix. 1 juin 2016 photo Francine Bajande
«Migrances 2021», la 15ème éditions de la rencontre des intellectuels et des artistes sur les migrations africaines vers l’Europe s’ouvre ce jeudi au centre Amadou Hampaté BA (CAHBA) à Missira. Durant trois jours, les 16, 17, 18 décembre 2021, les panafricanistes débâteront sur des thématiques à travers des panels de tous les problèmes liés à la migration des africaines vers l’occident. Au minimum dix thématiques et seront animé par des éminents experts de la migration tels que Aminata Dramane Traoré, Assétou F. Samaké, Jean Bosco Konaré, Issa N’Diaye, Taoufik Ben Abdallah, Rokia Sanogo, Boubacar Coulibaly et entre autres.
- Selon le document qu’ils nous ont soumis explique que, ‘’la transition aura rarement donné lieu à tant de bras de fer que celle qui est en cours au Mali. Trêve de diversion ! Quelle transition en guise de réponse à quelle révolution ? Pour quelles alternatives économiques, politiques, sociales, culturelles et écologiques de nature à mettre un terme aux migrations meurtrières et à la guerre sans fin?
- Au cœur de l’élection présidentielle de 2022, en France, sont l’immigration et le « terrorisme » dont le Mali serait l’épicentre au Sahel.
- La défense des droits des migrant-e-s en France et en Europe comme la sortie de l’impasse militaire et politique au Sahel exigent la déconstruction des thèses dominantes.
- L’histoire des relations entre Africain-e-s et Afro-descendant-e-s contient des ruptures, des alliances et des comparaisons qui sont importantes pour relancer des dynamiques de solidarité en pensées et en actions.
- Le continent africain fait face depuis des siècles à une militarisation et une prédation croissante sur ses ressources humaines, matérielles et immatérielles. L’éco-panafricanisme peut jouer un rôle significatif au service d’une politique de réparation des injustices et des préjudices.
- En langue bamanan, selon Karamoko Bamba, chaque femme a, en elle trois mères ont pour noms, woloba (la mère biologique), lamoba (l’éducatrice) et ladonba (la protectrice). La mère sociale qui n’est pas nécessairement la mère biologique, sait prendre soin, en plus de ses propres enfants, d’autres enfants.
- L’humanisme des mères sociales est de nature à innover et renforcer la participation des femmes à la recherche de réponses pertinentes aux défis économiques, migratoires, sécuritaires et climatiques.
- « Migrances » : 15 ans d’engagement
- Migrant-e-s, réfugié-e-s et demandeurs/euses d’asile se comptent par millions de par le monde. Repousser ces hommes, ces femmes et ces enfants qui fuient est devenu un enjeu électoral majeur, surtout en Europe du fait de l’extrême droitisation des opinions. Mais pourquoi fuient-ils/elles ?
- Bien avant les Syrien-ne-s, les Irakien-ne-s, les Afghan-e-s et d’autres peuples errants, ce sont des Africain-e-s subsaharien-ne-s qui ont subi la violence de la guerre aux migrant-e-s.
- « Pourquoi partent-ils/elle? » est l’incontournable question dont nous avons débattue, en 2006, à Bamako, lors de la première édition de « Migrances », une initiative du Centre Amadou Hampaté Ba (CAHBA) et le Forum pour un autre Mali (FORAM). Elle mobilise chaque année, des intellectuel-le-s, des acteurs politiques, sociaux, culturels engagés dans la défense des droits des migrant-e-s contraint-e-s à voyager et à vivre dans la clandestinité.
- L’édition 2021 de « Migrances » s’inscrit dans un contexte national particulier marqué par l’aggravation de la situation sécuritaire et par le bras de fer entre la « communauté internationale » et les autorités de la transition née des coups d’Etat du 18 Août 2020 et du 24 mai 2021, pour non-respect du calendrier électoral. Elle devra contribuer à clarifier les causes structurelles des crises migratoire et sécuritaire à travers une approche systémique, panafricaniste et altermondialiste.
L’humanisme des mères sociales
- Parce qu’il est de la plus grande importance dans le combat pour l’indépendance et la souveraineté de nos pays, de capitaliser et de consolider les acquis intellectuels, nous avons fait le choix de jeter à travers la notion de mère sociale, une passerelle entre l’édition 2021 de « Migrances » et la première édition du Forum des Humanités, qui a eu lieu à Bamako, les 28, 29 et 30 septembre 2021, organisée par la Conférence Mondiale des Humanités et l’UNESCO dont le thème général était « Langues et cultures africaines, socle des humanités africaines ».
- L’humanisme des mères sociales est l’une des expressions de ces humanités africaines à explorer et à revaloriser dans la perspective d’une meilleure écoute, de l’accompagnement et de la protection des jeunes, en l’occurrence des candidat-e-s à l’émigration et au « djihadisme ». Au-delà de l’anticipation et de la prévention, il s’agit d’inventer avec eux/elles des réponses concrètes aux maux de nos sociétés.
- Objectifs
- « Migrances 2021 » vise à :
- Rompre avec le silence politique en impulsant le débat d’idées sur les enjeux économiques, sociaux, culturels, environnementaux et géopolitiques de la guerre permanente dont celle sans fin contre le terrorisme et contre les migrant-e-s ;
- Proposer un narratif fédérateur et mobilisateur du panafricanisme du XXIème à l’échelle de chaque pays africains et dans la défense des droits des Afro-descendant-e-s et des diasporas africaines ;
- Faire de l’éco-panafricanisme un levier dans la quête d’alternatives au développement dépendant, extraverti, extractiviste, raciste, militariste et écocide ;
- Démontrer le rôle de la créativité politique, artistique et culturelle dans la valorisation des humanités africaines dont l’humanisme des « mères sociales ».
Les travaux de trois prendront fin par le dixième panel ‘’l’Appel des mères sociales à la France, la CEDEAO, l’UA, l’UE, les USA et l’ONU’’ qui régi par des institutions et quelques Etats qui s’accaparent le titre de « communauté internationale », le système de gouvernance mondial produit un mécanisme arbitraire de nature coloniale qui bride les volontés d’émancipation des peuples africains. Ces difficultés ne font que renforcer les ambitions et les volontés des Africain-e-s de construire un ordre plus juste.
