Bamako abrite depuis le 21 et jusqu’au 28 juin 2025 les premiers Jeux de l’Alliance des États du Sahel (AES). Un événement majeur où sport, jeunesse et solidarité deviennent le socle d’une intégration régionale émergente. Plus de 500 athlètes, officiels et encadreurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger se retrouvent dans une ambiance festive et fraternelle, illustrant la volonté de la Confédération des États du Sahel de bâtir un destin commun au-delà du champ militaire.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue au Palais des Sports de Bamako, a été marquée par un public enthousiaste et des délégations vêtues de tenues aux couleurs nationales. Ce rendez‑vous sportif majeur se veut un cadre de mobilisation de la jeunesse sahélienne, non seulement autour du sport, mais aussi et surtout renforcer la cohésion, célébrer les valeurs de solidarité et construire une intégration plus concrète entre les trois pays. L’enthousiasme était déjà visible dès l’accueil des 130 membres des délégations burkinabè qui ont foulé le sol malien le jeudi 19 juin 2025.
Lors de la cérémonie d’ouverture le 21 juin, au Palais des Sports Salamatou Maïga de Bamako, le Premier ministre du Mali, le général de division Abdoulaye Maïga, a salué cette initiative fédératrice des trois États de l’AES. « Nous écrivons aujourd’hui ensemble une page de notre histoire commune pour le Sahel, en mettant en place les Jeux de l’Alliance des États du Sahel. L’histoire retiendra que c’est ici, à Bamako, qu’ont été organisés les premiers Jeux de la Confédération des États du Sahel (AES) », s’est‑il réjouit tout en saluant Leurs Excellences le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’État de la République du Mali, président de la Conférence des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’État du Burkina Faso, et le général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République, chef de l’État du Niger, pour cette vision futuriste pour le Sahel.
Il faut noter que depuis la création de l’AES en juillet 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger multiplient les initiatives visant à rapprocher encore plus leurs peuples afin de bâtir une véritable communauté sahélienne. Parmi ces initiatives phares figure la création, annoncée en septembre 2024, d’une Banque d’Investissement et d’un Fonds de Stabilisation, destinés à mutualiser les ressources et à financer des projets structurants dans la région.
Sur le plan social et économique, l’harmonisation des documents de voyage et d’identité facilite désormais la libre circulation des citoyens et des biens, représentant un pas de plus vers un espace sahélien intégré où les frontières deviennent des ponts plutôt que des barrières.
L’AES s’engage également dans le développement d’infrastructures transfrontalières, notamment des routes et des zones commerciales, pour stimuler les échanges et rapprocher les populations des trois États membres. Ce renforcement des liens physiques est complété par une politique active de promotion de la culture commune, avec des festivals et des programmes éducatifs conçus pour célébrer et partager un héritage sahélien unifié.
Enfin, conscient des enjeux sécuritaires majeurs dans la région, l’AES a mis en place une force conjointe de sécurité, symbole de la volonté commune de protéger les peuples sahéliens et d’assurer un climat favorable au développement et à la coopération.
Les Jeux de l’AES s’inscrivent donc pleinement dans cette dynamique globale de coopération, où le sport devient un vecteur puissant de cohésion sociale, de dialogue interculturel et de construction d’un destin partagé. Mettant en compétition une dizaine de disciplines et plus de 500 participants du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les trois pays lancent un signal fort que l’intégration de la Confédération ne se limite pas aux sphères diplomatique ou militaire, mais qu’elle se manifeste aussi à travers les valeurs humaines et culturelles portées par la jeunesse sahélienne.
Issa Djiguiba
