Ils sont au total 1600 enseignants qui ont été licenciés suite à l’arrêt de la subvention de l’État qui était accordée aux écoles catholiques du Mali. De nos jours, un conflit judiciaire est ouvert entre le Syndicat National des Travailleurs de l’Enseignement Catholique (SYNTEC) et la Direction de l’Enseignement Privé Catholique (EPC). Les deux parties étaient devant le tribunal du travail en date du mardi 26 août dernier. Ainsi, la première tentative de réconciliation n’a pas abouti. Le tribunal a, de son côté, renvoyé le procès au 29 septembre.
Selon les informations, des tentatives de réconciliation ont eu lieu plus d’une heure entre les parties sans parvenir à un consensus. La corporation syndicale conteste le motif économique argué par la direction qui, de son côté, ne cesse de justifier le licenciement collectif des travailleurs. À cette occasion, des détails ont pu être donnés par le secrétaire général du syndicat. « Il y a beaucoup d’entre nous qui sommes licenciés sans avoir perçu de salaires depuis deux ou trois mois. Ce n’est pas facile d’être licencié dans ces conditions », a estimé Grand Kalifa Raymound Kamaté, indiquant qu’il y a eu beaucoup d’entorses au Code du travail dans cette histoire. « Nous réclamons nos droits : l’indemnité du congé non-joui, l’indemnité de préavis du licenciement, l’indemnité de licenciement pour motif économique, l’indemnité spéciale pour licenciement pour motif économique, les arriérés des allocations familiales, les droits AMO non perçus depuis plus de 5 ans… », a annoncé le secrétaire général du SYNTEC. À ses dires, les revendications actuelles portent sur un certain nombre de droits dont l’employeur (EPC) ne souhaite pas respecter sans l’implication du syndicat. Chose qui explique la saisine du tribunal de travail pour que les travailleurs soient mis dans leurs droits. À entendre le responsable, la situation fait que les travailleurs vivent dans des conditions de vie précaires. Et de signaler que le syndicat n’a rien contre la direction de l’enseignement privé catholique, mais souhaite être mis dans ses droits. « Nous sommes lésés dans nos droits, c’est pourquoi nous réclamons nos droits auprès de la justice », a indiqué le secrétaire général. Notons qu’une convention a été signée en 1972 entre les écoles catholiques et l’État du Mali. Elle a permis de nouer un partenariat entre les parties. Lequel garantissait un financement mixte des salaires pour les enseignants. Ainsi, 80 % desdits salaires étaient pris en charge par l’État, et 20 % par l’Église. Aussi, cette convention permettait aux établissements catholiques de pratiquer des frais de scolarité modérés et d’assurer un enseignement de qualité. Douze de ses écoles relevant du District de Bamako, capitale du Mali, ont été déjà fermées à cause du manque de moyens.
Mamadou Diarra
