Le Médiateur de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé, a tenu une conférence de presse dans les locaux de son institution, le vendredi 29 août 2025, pour présenter les rapports annuels 2023 et 2024 et échanger avec les médias sur les grandes problématiques traitées dans les deux rapports qui restent des préoccupations des citoyens maliens.
Compilant les activités menées à l’interne et à l’international, ces rapports remettent la lumière sur la récurrence des litiges fonciers ajoutés à cela les tensions liées à l’orpaillage, deux problématiques qui continuent de mobiliser les services de Mme Sanogo Aminata Mallé, médiateur de la République. Il faut noter que ces thèmes avaient été abordés, une semaine plutôt, lors de la remise officielle des rapports au Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.
« La récurrence des litiges fonciers mérite l’attention des gouvernants » a mis l’accent Mme le médiateur de la République lors de sa conférence de presse de 29 soulignant que cette récurrence devient de plus en plus inquiétante. Aux dires de Mme Sanogo Aminata Mallé les réclamations faites dans le rapport concernent notamment la contestation du droit de propriété, l’expropriation pour cause d’utilité publique, la violation des règles fixées pour la purge des droits coutumiers, l’attribution de titre de propriété sans parcelle et la procédure de création de titres fonciers.
Des problématiques bien détaillées dans le discours du médiateur lors de la remise des deux rapports au Président de la transition, le général d’Armée Assimi GOITA, le 22 août 2025 à Koulouba.
« Ces litiges fonciers demeurent récurrents et occupent une place prépondérante parmi les dysfonctionnements constatés » a-t-elle fait mention tout en formulant plusieurs recommandations pour y remédier.
Il s’agit entre autres du Respect strict des textes relatifs au foncier par les services techniques ; la Vérification de la disponibilité et de l’effectivité des terres avant toute attribution ; le Respect des procédures d’expropriation ; la sanction des fautifs « de façon sévère), voire, la mise en place d’un pôle judiciaire spécialisé pour juger les litiges fonciers, recommandés, selon elle, par le jury d’honneur de la 28e session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) et l’intensification des campagnes d’information et de sensibilisation auprès des usagers.
En ce qui concerne l’épineuse que question de l’orpaillage, elle regrette un défi environnemental et social en raison des conflits et dégradations environnementales qu’elle continue de générer.
« Le Médiateur de la République est de plus en plus saisi de demandes émanant de zones aurifères (…) se plaignant de l’occupation de leur zone par des exploitants artisanaux d’or, source de beaucoup de conflits et de destruction de leur faune, flore et cours d’eau par l’utilisation abusive de produits chimiques » avait- elle bien énuméré devant le chef de l’état.
Mais devant les médias, Mme a insisté sur la nécessité de renforcer le cadre légal face aux mutations techniques de l’orpaillage ; de former et mettre en place un organe d’encadrement et de surveillance des orpailleurs ; l’instauration d’un dialogue entre communautés, collectivités territoriales et département technique pour prévenir les conflits, etc.
Dans le contexte actuel de crise sécuritaire persistante, la gestion foncière et l’encadrement de l’orpaillage ne peuvent rester négligés. Il faut noter que ces dossiers constituent non seulement des sources de conflits sociaux, mais influent directement sur la stabilité, la gouvernance locale et la préservation de l’environnement. C’est pourquoi Mme Sanogo Aminata Mallé a lancé un double message à la fois aux autorités et aux citoyens. Les autorités sont invitées à plus de diligence dans le traitement des dossiers et les citoyens à connaître leurs droits.
Issa Djiguiba
