Il est difficile de classer idéologiquement Mahamadou Kassogué, le ministre de la Justice du Mali. Il n’a jamais parlé de révolution, mais plusieurs de ses décisions bouleversent ordre ancien.
L’acte dernier en date est la mise à mort du statut de Rome, avec le retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI). Kassogué est en effet l’homme-orchestre de la Confédération AES en ce qui concerne les décisions judiciaires.
La Confédération regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a annoncé le lundi son retrait immédiat du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale.
L’annonce a été faite au journal télévisé de la Radio et télévisions des pays partant.
Il s’agit d’un communiqué conjoint signé à Bamako par le président de la transition malienne et président en exercice de la Confédération AES, le général d’armée Assimi Goïta.
Les trois pays rappellent avoir ratifié le Statut de Rome respectivement en 2004 pour le Burkina Faso, en 2000 pour le Mali et en 2002 pour le Niger, et avoir coopéré avec la CPI depuis lors. Mais ils affirment que la juridiction internationale est devenue, selon leurs termes, « un instrument de répression néocoloniale au service de l’impérialisme », incapable de juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide et crimes d’agression avérés, tout en s’acharnant contre certains acteurs exclus du « cercle fermé des bénéficiaires de l’impunité internationale ».
Face à ce constat, les gouvernements de l’AES disent avoir décidé de se retirer avec effet immédiat, afin « d’affirmer pleinement leur souveraineté » et de recourir à des mécanismes endogènes pour la consolidation de la paix et de la justice, tout en assurant la promotion et la protection des droits de l’homme selon leurs valeurs sociétales.
S. Diarra
