Réunis à Bamako pour leur 14ᵉ session tripartite, le Mali, le Burkina Faso et le HCR ont scellé de nouveaux accords pour accélérer le retour volontaire des déplacés. Sécurité, logistique et suivi numérique sont au cœur du nouveau plan d’action.
Les rideaux sont tombés mardi sur cette 14e session. Durant deux jours, les délégations maliennes, burkinabè et les experts du HCR ont planché sur l’avenir des milliers de réfugiés qui traversent les frontières du Sahel. L’objectif est clair : passer d’une gestion de crise à une stratégie de retour durable.
Pour transformer ces intentions en résultats concrets, les parties ont défini une stratégie axée sur la précision et l’humain. L’accent est d’abord mis sur la technologie, avec une volonté d’unifier les bases de données et d’harmoniser les statistiques via des bilans trimestriels. Cette rigueur administrative doit permettre un suivi millimétré de chaque dossier.
Sur le terrain, la priorité est de restaurer la confiance. Des visites de reconnaissance, baptisées « Go and See » et « Come and Tell », permettront aux réfugiés d’évaluer eux-mêmes la situation avant de s’engager. Ce dispositif est complété par des campagnes de sensibilisation accrues et des réunions techniques organisées directement aux zones frontalières, au plus près des réalités géographiques et sécuritaires.
Si les chiffres sont encourageants, 50 000 rapatriements enregistrés depuis 2022, la réalité du terrain reste complexe. « Des défis logistiques et sécuritaires demeurent », rappelle le HCR. L’enjeu n’est plus seulement de ramener les populations, mais de s’assurer qu’elles puissent se réinstaller sans craindre un nouveau déracinement.
Le rendez-vous est déjà pris : les parties se retrouveront le 13 octobre 2026 au Burkina Faso. D’ici là, la réussite de ce plan reposera sur la capacité des deux États à transformer ces promesses diplomatiques en réalités sécurisées pour les populations les plus vulnérables du Sahel.
Bagna MAÏGA/KD
