Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme en déclarant plusieurs espaces forestiers et aires protégées du pays comme « zones d’intérêt militaire », désormais interdites d’accès aux populations civiles sans autorisation préalable.
La mesure est contenue dans un arrêté interministériel signé le 3 juin 2026 par les ministres chargés de la Défense, de la Justice, de l’Administration territoriale, de la Sécurité, des Transports et de l’Environnement. Elle s’inscrit dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko », nouvelle phase des opérations militaires destinées à renforcer la sécurisation du territoire national.
Les zones concernées couvrent de vastes étendues forestières considérées par les autorités comme des refuges potentiels pour les groupes armés terroristes. Parmi elles figurent les forêts classées de Faya, Soussan, Kékoro, Sorodian, Kangaba, Kéniébaoulé, Bossofala et Kobri, ainsi que le Parc national de la Boucle du Baoulé, l’un des plus importants espaces protégés du pays.
Selon les dispositions de l’arrêté, toute présence dans ces périmètres est désormais soumise à une autorisation délivrée par une autorité militaire locale relevant du chef d’état-major général des Armées. Les forces de défense et de sécurité, les agents des Douanes ainsi que les services des Eaux et Forêts pourront toutefois y accéder dans le cadre de missions autorisées.
Le texte accorde également aux Forces armées maliennes une latitude accrue dans la conduite des opérations. Les zones concernées sont officiellement considérées comme des espaces susceptibles d’abriter des éléments terroristes, ce qui autorise les forces engagées à traiter toute cible identifiée à l’intérieur de ces périmètres dans le cadre des règles opérationnelles en vigueur.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la persistance de la menace sécuritaire dans plusieurs régions du pays, où les groupes armés exploitent régulièrement les zones forestières et les espaces faiblement peuplés pour établir des bases logistiques, organiser des mouvements de combattants ou préparer des attaques.
L’arrêté abroge celui du 29 décembre 2023 qui avait institué des zones d’intérêt militaire à accès restreint dans le cadre de l’opération « Maliko ». Avec ce nouveau dispositif, les autorités maliennes élargissent leur contrôle sur des espaces jugés stratégiques et renforcent la présence militaire dans des zones considérées comme sensibles pour la sécurité nationale.
Pour les autorités, cette mesure vise à réduire les capacités de mobilité et de dissimulation des groupes armés tout en facilitant la conduite des opérations militaires sur le terrain. Elle implique cependant de nouvelles restrictions d’accès pour les populations riveraines, les exploitants forestiers et certains usagers habituels de ces espaces, désormais placés sous surveillance militaire renforcée.
Kémoko Diabaté

