Le président Assimi n’a pas inauguré la 2è mine de lithium de Bougouni. Bamako n’est pas content de la deuxième mine de lithium gérée par les Britanniques. Pourtant, l’inauguration de la mine avait été programmé sans jamais avoir eu lieu.
Dans ce contexte, le gouvernement malien a accordé à Kodal Minerals un permis d’exportation pour le concentré de spodumène produit à la mine de lithium Bougouni. L’opérateur britannique a annoncé jeudi 4 septembre que les premiers convois devraient bientôt rejoindre un port en Côte d’Ivoire.
Le souhait des Anglais est que la production de lithium de Bougouni soit expédiée par le port ivoirien d’Abidjan vers l’acheteur chinois Hainan Mining.
Le permis autorise un volume initial de 125 000 tonnes, sous réserve du respect de plusieurs conditions. Il s’agit du recours à des transporteurs maliens et au paiement des taxes, droits et redevances dus. Kodal précise avoir déjà conclu un accord avec « une importante société de transport malienne », dont la flotte de camions sera mobilisée dès que possible sur le site.
L’autre exigence majeure est le recours à une tarification indexée sur le prix de référence du Shanghai Metal Market (SMM) pour le spodumène. L’accord signé en juin avec Hainan (également actionnaire majoritaire dans la coentreprise exploitant Bougouni) prévoit en effet que le groupe chinois achète la production de Bougouni sur la base du prix du concentré à 6 % publié par le SMM.
Mais Bamako se réserve toutefois le droit de vérifier et corriger les prix.
Cette question de la tarification explique en partie pourquoi, plus de six mois après la mise en service de Bougouni (février 2025), aucune exportation n’a eu lieu. En mai, le directeur général de Kodal, Bernard Aylward, indiquait que les autorités voulaient s’assurer que le lithium soit vendu aux prix du marché. Début août, un stock de plus de 45 000 tonnes de concentré de spodumène était disponible pour expédition sur le site de Bougouni.
« L’octroi de la licence d’exportation est une étape cruciale pour le développement du projet Bougouni ainsi que pour l’industrie florissante du spodumène au Mali. Ce permis renforce encore le soutien continu du ministère des Mines et du gouvernement du Mali, ainsi que leur intérêt pour la poursuite du développement et de l’expansion de Bougouni », esime Aylward.
Aucun détail n’a filtré sur les conditions d’exportation du concentré de Goulamina, la première mine de lithium à entrer en production au Mali (décembre 2024). Détenu majoritairement par le chinois Ganfeng, ce projet peut livrer initialement plus de 500 000 tonnes de concentré de spodumène chaque année, contre une production initiale de 125 000 tonnes par an pour Bougouni.
S. Diarra
