Le dimanche 12 avril 2026, les occupants du « garbal » de Niamana ont été sommés de quitter les lieux. Une décision prise depuis des mois, mais la mise en application avait été différée.
On ne parlera plus du marché à bétail ou garbal de Niamana. Hier dimanche, les occupants ont quitté les lieux. Du goudron, on y voit quelques occupants en train de ramasser leurs affaires sous la surveillance des forces de l’ordre. Autre fois, espace surpeuplé, on y constate, dimanche soir, une vaste étendue d’espace presque vide. Le désespoir se lit sur des visages qui, après des décennies en ce lieu, sont appelés à partir pour de bon. Où ? C’est justement là réside l’inquiétude de nombreux d’entre eux.
Si certains jugent trop loin les lieux de réinstallation, d’autres indiquent avoir trouvé un endroit approprié non loin de la cour des Eaux et forêts à Niamana.
En tout cas, ces déguerpis ne seront pas abandonnés à leur sort. L’État a déjà identifié plusieurs localités où ils pourront exercer librement leurs activités.
Là où la question se pose, cette décision avait été prise par les autorités depuis des mois et les occupants étaient tous informés. Alors pourquoi n’ont-ils pas pris des dispositions afin de partir à temps au lieu d’être confrontés à une telle situation ce dimanche ?
Certains qui avaient élu domiciles avaient l’espoir de voir les autorités revenir sur leurs décisions. Ils n’ont pas mesuré les motivations qui ont conduit à cette prise de position par l’État. Il est question de terrorisme et les marchés à bétail au centre-ville et à la périphérie de Bamako sont soupçonnés d’être des nids de refuge.
L’État avait pris la décision ferme après les attaques de l’école de gendarmerie et l’aéroport international du Mali. Mais avec l’intervention des religieux notamment, le Cherif Ousmane Madani Haïdara, un délai de grâce avait été accordé aux occupants des marchés de Niamana et de Faladiè.
Ce qu’il faut comprendre, la mesure répond à une question de sécurité nationale. Et tous les espaces à Bamako transformés en des vocations de marchés à bétail sont appelés à disparaître.
Kèlètigui Danioko
