Déclaré d’utilité publique depuis des années, le site destiné pour la construction des logements sociaux de N’Tabacoro, dans la commune rurale de Kalaban-Coro, reste occupé par des milliers de familles, occupant illégalement les espaces. Outre les séances de sensibilisation et de pourparlers menés en vain sur la problématique, la situation a fait l’objet, hier mardi 12 août 2025, d’un point de presse. C’était animé par M. Issa Seydou Sissoko, Directeur général de l’Office Malien de l’Habitat (OMH), qui était accompagné de M. Mahamadou Ouologuem, Directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, et de M. Hamadoun Maïga, directeur général des Domaines et du Cadastre. Occasion pour le DG Issa Seydou Sissoko de donner plus de précision sur la situation.
En 2008, il y avait la présence de certains champs situés principalement dans le centre et la partie Sud de ce site. L’espace n’était aucunement occupé comme on le constate actuellement. De 2009 à 2010, l’occupation du site a débuté à travers le programme des logements sociaux qui s’étendait jusqu’à 500m de la RN6… Dans une projection faite à l’occasion de ce point de presse, les experts de l’OMH ont souligné que l’occupation illicite de ce site a pris, peu à peu, de l’ampleur jusqu’à nos jours. Ainsi, ce point de presse visait à clarifier la situation relative à l’occupation illicite de ce site polémique de N’Tabacoro, prévu pour la construction des logements sociaux. De nos jours, les occupations illicites font que lesdits espaces, prévus pour la construction des mosquées, des terrains de sports, des centres de santé en passant par des écoles et bien d’autres choses, sont occupés par de nombreuses familles. Dans une déclaration qu’il a lue à l’occasion de ce point de presse, le Directeur Général de l’OHM a souligné que les opérations de démolition en vue ne sont ni arbitraires, ni improvisées. Elles s’inscrivent dans un cadre juridique strict, et répondent à une exigence de l’intérêt général. Cela, dans un pays où le droit de logement reste un défi crucial pour une grande partie des Maliens. Pour le cas du site de N’Tabacoro, le DG Issa a estimé que les terrains concernés constituent d’environ une superficie de 1000 hectares 07 à 11 CA, qui ont été officiellement identifiés, puis réservés et affectés par les autorités de l’Etat. Cela, à travers une série de décrets clairs et contraignants, notamment la déclaration d’utilité publique et les autorisations d’aménagement. Malgré ces décrets légaux, a dénoncé le conférencier, des occupations illicites ont été constatées sur les mêmes parcelles. Une situation face à laquelle, a ajouté Issa Seydou Sissoko, les autorités ont été contraintes de prendre leurs responsabilités, conformément à la loi.
Objet des mesures prises dans le cadre de la démolition des maisons illicites
« Je précise que ces démolitions ne sont pas une fin en soi, mais un moyen nécessaire pour rétablir la légalité, permettre la poursuite des projets de logements sociaux, libérer les voies et équipements de proximité pour les bénéficiaires des logements sociaux », a indiqué M. Sissoko, soulignant que lesdites démolitions sont également nécessaires pour garantir la sécurité et la salubrité des aménagements, voire pour protéger les investissements publics au profit des populations qui sont réellement éligibles. A travers cette déclaration, les conférenciers disaient être convaincus que ces démolitions pourront être douloureuses pour les personnes concernées. « Toutefois, notre devoir est de faire respecter la loi, de préserver notre site et de poursuivre nos efforts pour offrir un toit décent aux familles maliennes dans le besoin », a fait valoir le DG de l’OMH. Aussi, a-t-il appelé les populations à la compréhension, à la collaboration pour l’aboutissement du projet. Dans ses explications, le DG a souligné que la construction du programme des logements sociaux à N’Tabacoro est postérieure à l’existence de leur habitation. En 2010, les constructions existantes sur le site en dehors des logements sociaux portaient uniquement sur quelques bâtiments, qui étaient réalisés sur l’emprise de certains champs. Et leur occupation était de l’ordre de 9 hectares environ (moins de 1%). La construction illicite s’est intensifiée de 2025 à 2016, soit 5 ans après la déclaration d’utilité publique, avec un taux d’occupation passé de 28 hectares en 2012 à 316 Ha en 2025, soit plus de 30% du site, dont 137 ha correspondant aux espaces prévus pour les logements sociaux, 150 ha pour les équipements, et 29 ha pour la voirie.
Mamadou Diarra
