Prémices de l’échec du « Mali nouveau » : ‘’Yiriba Koro’’ dénonce les « dérives » du président de la Transition dès le point de depart

À la faveur d’une conférence de presse, le 1er novembre 2020, au siège de la radio RFM sise à Souleymanebougou ACI, un quartier de Bamako, les membres ont étalé les « dérives » ayant marqué le point de départ de la transition.

Cette conférence était animée par Siriki Kouyaté, porte-voix de ‘’Yiriba Koro’’ (sous le grand arbre), en compagnie de Bakoroba Fofana, membre du mouvement.

 L’objectif étant de dénoncer ce qui ne va pas dans le pays, les conférenciers ont alors voulu jeter « un faisceau de lumière sur les dérives qui ont marqué le point de départ de notre transition », souligne Siriki Kouyaté. Il s’agit, en un mot, des actes magnifiés par des faits « dérisoires » qui sont partis des discours de Bah N’Daw, président de la transition. Le premier fait est, selon le conférencier Kouyaté, parti de son discours d’investiture.

 Un discours dans lequel il confie : « Pr.Dioncounda Traoré, cher ainé, merci de venir rehausser de votre présence l’éclat de cette cérémonie. Que vous soyez à nos côtés ne nous surprend guère, car tout ce qui concerne le Mali vous mobilise. Votre expérience, endurance et foi en le Mali nous guideront ». Avec ces mots, ‘’Yiriba Koro’’ s’indigne que Bah N’Daw ait à nouveau confié le Mali à un homme dont les actes font toujours saigner le pays.ET concrètement, précisent les conférenciers, le complot fait par Dioncounda contre le Mali via l’intervention militaire de la France sur le sol malien. Confier le pays à Dioncounda Traoré sous-entend que Bah N’Daw se reconnait dans le chemin tracé par l’ex-président par intérim, estiment-ils.

A peine désigné, confient les conférenciers, Bah N’Daw se montre moins partisan de la rupture, engageant le Mali à des accords qui ont toujours fait l’objet de fortes contestations par le passé. Des accords dont les limites sont étalées au grand jour, ont-ils déploré, rappelant ce passage du Chef de l’État : « La transition qui s’ouvre ne remettra en cause aucun engagement international du Mali ni les accords signés par le gouvernement. L’Accord pour la paix et la réconciliation sera appliqué … ».

Hélas, c’est assez démagogique, prétentieux et simpliste, Bah N’Daw a-t-il eu suffisamment de temps pour faire l’audit ou voir l’état des lieux de ces engagements ? S’interrogent-ils, ajoutant ceci : « Même pas, quel est donc le vrai projet de la transition en voulant ainsi mettre en œuvre cet accord génocidaire ? L’Accord d’Alger est de facto un accord de partition du Mali ». Le pire, c’est que les autorités transitoires manquent, selon eux, d’initiatives propres au besoin du moment. « Tantôt c’est la personne de Dioncounda qui sert de guide, tantôt la charte de transition, tantôt le Dialogue national inclusif balise la voie. Finalement, conviennent-ils, cette transition souffre déjà du manque d’initiative propre au besoin du moment ».

Par la voix de Siriki Kouyaté, les membres de ‘’Yiriba Koro’’ énoncent avoir noté le manque d’une certaine assurance dans l’approche du chef de l’Etat à propos de la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et le détournement des fonds publics. Le préambule de la charte de transition précise que les irrédentistes de l’entreprise terroriste Azawad constituent une des forces vives de la Nation. « Diplomatiquement, politiquement et historiquement, arguent les conférenciers, cette déclaration est une erreur grossière et grotesque que nous condamnons avec emphase et grandiloquence. Ce passage donne la légitimité historique à la guerre proxy que la France nous impose via les revenants de la Libye ». Aussi, ils estiment que les nouvelles autorités cherchent à pardonner les terroristes qui n’ont jamais renoncé à leurs actes. Les nouvelles autorités se permettent de former une équipe gouvernementale avec des gens qui contestent l’unité nationale, ceux qui sont responsables des pires carnages qui restent impunis, ont-ils dit, parlant de la nomination de Moussa Ag Attaher, ministre de la Jeunesse et des Sports, et de celle de Mahmoud Ould Mohamed, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. En clair, disent-ils, « les autorités transitoires marchent les mêmes pas que celles qui les ont précédées. Nous retenons qu’elles ont chuté dans les mailles du sable mouvant et proposons une rupture avec des vielles pratiques mafieuses qui ont effondré le pays ».

Il faut rappeler ’Yiriba Koro’’ est une initiative de la société civile malienne ayant pour mission de soutenir la lutte pour la liberté, la démocratie, et le respect de la dignité humaine.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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