Prolongation de la transition à 5 ans : Le tort des boycotteurs des Assises

La cadre d’échange des partis et groupements politiques pour une transition réussie au Mali et ses partenaires dont la CMAS, le Parena… rejettent, en bloc, le chronogramme de 5 ans soumis à la CEDEAO par les autorités de la transition. Une lutte légitime. Mais le seul tort de ces acteurs politiques et de la société civile, c’est le boycott des ANR. S’ils avaient été à ces assises, ils auraient pu s’opposer à la recommandation concernant la prolongation de la transition de 6 mois à 5 ans.

Depuis son annonce, les autorités de la transition, notamment le premier ministre et le président ont mis l’accent sur l’inclusivité des Assises nationales de la refondation. Des rencontres avec des acteurs politiques et de la société civile avaient été organisées par le chef du gouvernement. Suite au rejet catégorique de l’initiative par une partie de la classe politique, notamment le cadre d’échange des partis et groupements politiques pour une transition réussie au Mali, le président de la transition s’est impliqué personnellement. Ses efforts ont été vains comme ceux du premier ministre. A la différence de l’Adema qui a décidé de dire son mot, défendre sa position, les autres partis et groupements politiques membres du cadre d’échange ont opté pour la politique de la chaise vide. Ç’a été le cas pour certains partis et groupements politiques et de la société civile non membres du cadre dont le Parena.

La prolongation de la transition, une recommandation des assises

Quoiqu’on dise, ce sont des Maliens dont des acteurs politiques et de la société qui ont participé aux Assises nationales de la refondation. Les recommandations qui en sont issues y compris la prolongation de la transition de 6 mois à 5 ans viennent d’eux. Selon d’ailleurs le panel des hautes personnalités des Assises nationales de la refondation, « sur les 20 régions administratives du Mali (soit 65%) se sont prononcées spontanément pour la prolongation de la transition, avec des durées variables d’une région à l’autre et une moyenne des durées proposées de 32 mois ». Concernant la durée de la transition, certains ont demandé à aller jusqu’à 5 ans pendant que d’autres ont souhaité que cette période exceptionnelle prenne fin en six mois. « Les participants se sont prononcés pour la prorogation de la transition afin de pouvoir réaliser les réformes institutionnelles structurantes et, par conséquent, permettre des élections crédibles, équitables et transparentes. Les délais avancés varient de 6 mois à 5 ans » a-t-on indiqué dans le rapport.

C’est suite à ces recommandations que les autorités ont proposé un chronogramme de 5 ans à la CEDEAO. La durée de 5 ans ne vient pas d’elles mais des Maliens qui ont participé aux Assises nationales de la refondation. Ce chronogramme, selon le ministre Diop dépêché par le président de la Transition à Accra, est discutable. C’est donc sur cette base que les négociations vont se mener avec la CEDEAO. « C’est cette question qui a été présentée mais il y a toujours des discussions possibles pour pouvoir vérifier le contenu des options qui ont été arrêtées », a déclaré le ministre Abdoulaye Diop qui a ajouté que « les éléments étaient qui présentés y compris un chronogramme feront l’objet de partage et d’examens par l’ensemble des chefs d’État ».

« Ceux qui ont boycotté les Assises nationales de la refondation ne doivent pas s’en prendre aux autorités de la transition. Les 5 ans ont été proposées par les Maliens qui ont pris part à ces assises et non les autorités », a indiqué un participant aux Assises nationales de la refondation, Moussa Diarra, un responsable associatif.

Effectivement, si le cadre d’échange et consorts avaient participé aux Assises nationales de la refondation, ils auraient pu donner un avis contraire à la recommandation concernant la prolongation de la transition. Ils auraient pu inviter les autorités à respecter la charte de la transition. Le dire dans les communiqués et lors des sorties publiques est bien, mais les Assises nationales de la refondation étaient le canal idéal. Donc leur tort, c’est d’avoir opté pour la politique de la chaise vide qui n’a jamais résolu un problème. Après leur de prendre part à ce rendez-vous historique, Treta et ses camarades auront du mal à convaincre les Maliens.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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