Le panorama politique est loin d’être serein en ce moment. Après un survol de la situation générale, trois problèmes de tailles émergent qui retiennent l’attention : le prolongement de la transition, le calendrier électoral imposé par la CEDEAO, l’instance communautaire, et la tenue projetée des assises nationales.
Les points chauds de l’heure qui suscitent maintes commentaires dans le pays. Analyse au vitriol…
Faut-il prolonger la transition ?
Oui, à n’en point douter, car le temps imparti est trop court. Et le chantier dont le clou est ce fameux scrutin fixé fin février début mars, par l’instance communautaire est très vaste. Aller à bribes abattues serait courir à la catastrophe, car au Mali les élections générales constituent une poudrière qui, si des garde-fous ne sont pas érigés, risque de sauter tôt ou tard.
L’on a encore en mémoire le feuilleton Soumaïla Cissé-IBK qui tint tout le monde en haleine des mois durant et où le premier s’est arc-bouté sur sa position de contestataire, ne voulant guère lâcher du leste pour reconnaitre la victoire du seconde.
Ensuite, la fronde de certains candidats malheureux aux dernières législatives, qui ébranla la Cour Constitutionnelle éclaboussant Madame Manassa sa présidente. Affaire qui faillit causer un véritable séisme, tant elle souleva des remous. Et à l’analyse, c’est cette épineuse affaire de scrutin volé qui fut indirectement à la base du départ du président de la République, tant elle éclaboussa le pouvoir.
Au moment où le présent article était écrit, la CEDEAO, par une énième fois, planchait sur le problème de la durée de cette transition. Mais en toute sagesse, la communauté sous-régionale devrait mettre un peu d’eau dans son vin en lâchant du leste au lieu de s’arc-bouter sur sa décision de maintenir vaille que vaille la durée de la période transitoire. Allons doucement, on est pressé.
Le calendrier électoral imposé par l’instance communautaire
Le présent sujet et le précèdent s’imbriquent forcement, parce que liés l’un à l’autre. Car pour les partisans du prolongement de la transition, c’est l’argument d’une élection saine, transparente et bien balisée qui tient principalement la route. Mais pour préparer ces conditions, la souplesse du temps est nécessaire. Le balisage du chemin «électoral est un travail délicat qui doit réunir l’accord de tous les acteurs. Sinon, l’équipe transitoire ferait cavalier seul et finira par opérer un travail inachevé et incohérent. Ce qui serait une vraie catastrophe pour l’avenir du pays.
Pour se faire, il faut laisser le temps au temps et donner une bouffée d’air au gouvernement pour qu’il puisse mener à bien son travail. Et cela demande un certain temps. D’où le prolongement de la transition et le déplacement de la date du scrutin.
Par ailleurs, d’autres priorités s’imposent, qui ne doivent pas être auscultées. Ce qui saute à l’œil, c’est que le pays a cruellement besoin de réformes. Et on ne parlera pas de la révision constitutionnelle puisque la dite constitution adoptée en 1991 a un besoin criard d’amendements.
Que de travail à peine, sinon pas encore abordé ! et l’on en arrive à se demander ce que l’équipe de Choguel fichait depuis le temps où elle fut installée.
Au Mali, on a tendance à brûler du temps en balivernes, en cachoteries et en futilités. Péché mignon, sinon grave dont on doit se débarrasser.
Les assises nationales : opportunes ou non ?
C’est selon, car s’il y a des défenseurs, il y a aussi de farouches opposants dont des politiques à la tenues de ces fameuses assisses. Ces derniers soupçonnent le pouvoir de vouloir temporiser pour gagner du temps et profiter de ce rassemblement pour arracher l’aval du peuple.
Quoi qu’il en soit, ces assises nous les jugeons nécessaires pour la bonne marche du pays. Parce que certaines vérités doivent être dites pour rectifier le tir et repartir sur de nouvelles bases, car il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Mais ce qui est à craindre, c’est que ces assises risquent d’enregistrer un fort taux d’abstention pour la bonne raison que les opposants sont prêts, comme ils l’ont déjà déclaré, à les boycotter.
Ce qui serait dommage pour la crédibilité de l’épreuve.
Ben Diakité Ladji de Balzac
