Quelques jours après la 4e édition de la nuit de l’UJRM, l’Union des journalistes reporters du Mali (UJRM), a publié, le contenu de son rapport sur les conditions de travail des journalistes du Mali. C’était au cours d’une conférence de presse le 20 août 2025. Un document de 29 pages qui ressort toutes les difficultés et les défis auxquelles les journalistes maliens sont confrontés.
Menées du 1 mars au 15 juillet 2025, l’enquête a été faite dans le district de Bamako et dans huit autres régions du Mali (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Koutiala).
Selon les informations contenues dans le rapport de UJRM, la situation des journalistes maliens est plus que préoccupante mettant à nue une précarité sans précédent. Les données de l’enquête soulignent que 61% des journalistes interrogés affirment qu’ils travaillent avec un contrat verbal (oral) et 23% sans aucun contrat formel. Seuls 4,5% des journalistes interrogés indiquent qu’ils bénéficient d’un contrat écrit au mixte. Comme indiqué dans le rapport de UJRM, 74,5 % des journalistes interrogés affirment qu’ils ne bénéficient pas d’une couverture sociale. Seulement 35,5% en bénéficient. Cela signifie que la plupart des journalistes maliens n’ont pas accès à l’assurance maladie, la retraite et autres avantages liés à l’emploi formel.
S’agissant des salaires des journalistes, UJRM a, à travers son rapport d’enquête, souligné que parmi les journalistes qu’elle a eu à interroger, 50 % ont un salaire fixe, et 50% travaillent sans rémunération stable. Plus 53% reçoivent un salaire inférieur au SMIG et 46,5 %, un salaire supérieur au SMIG.
Les journalistes maliens, selon le rapport d’enquête de UJRM, sont confrontés à plusieurs difficultés. On peut citer entre autres :
Insuffisance ou absence de rémunération stable,
Manque de matériels, de formation continue, de moyens de déplacement, Accès difficile à l’information, notamment auprès des services publics, Intimidations, censure, autocensure, particulièrement sur les sujets sensibles, insécurité dans certaines zones du pays, non-immatriculation à l’INPS et à l’AMO.
Toutes ces difficultés auxquelles les journalistes maliens font face, selon l’UJRM, sont dues, pour la majorité des cas, au fait qu’ils ne connaissent pas la convention collective de la presse. Selon le rapport, 59,5% des personnes interrogées ne le connaissent pas vraiment le contenu de cette convention collective. 1% affirment qu’ils connaissent la convention, mais ne connaissent pas le contenu. Autres sources de ces difficultés sont que beaucoup de journalistes pratiquent le métier, mais n’ont réellement pas fait des études de journalisme. Ces constats sont alarmants, selon le président de l’UJRM, Boubacar Kounouté qui ne désespère pas malgré tout. À ses dires, ces difficultés ouvrent aussi la voie à des solutions. Malgré la précarité dans laquelle vivent les journalistes du Mali, ils sont au four et au moulin pour donner les bonnes informations à leur peuple. Un acte à saluer et à encourager en mettant les journalistes dans leurs droits, « un droit qu’ils méritent ».
Tioumbè Adeline Tolofoudié
