À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, les marchés de Yirimadjo et de Missabougou connaissent une activité encore timide. Si les fournitures scolaires et les articles vestimentaires sont disponibles, parents d’élèves et commerçants évoquent une même difficulté : le manque de moyens financiers. À cela s’ajoute, pour certains produits, une hausse des prix qui complique davantage les préparatifs de la rentrée. Les familles doivent ainsi faire face à plusieurs dépenses en même temps, tandis que les commerçants espèrent une amélioration des ventes dans les derniers jours avant la reprise.
À l’approche de la rentrée scolaire, les marchés commencent progressivement à accueillir les parents à la recherche de sacs, cahiers, bics, ardoises, vêtements et autres fournitures nécessaires pour les enfants. Mais cette année, la situation semble moins importante que les années précédentes. Dans les différents points de vente, les commerçants constatent une fréquentation encore limitée, malgré la proximité de la reprise des cours. Les parents, eux, prennent le temps de comparer les articles et leurs prix avant de procéder aux achats, en fonction des moyens financiers disponibles.
À Yirimadjo, les commerçants constatent une baisse du rythme des achats. Assetou Touré, vendeuse de sacs, déplore cette situation qui se ressent directement dans son activité. Elle estime que la multiplication des vendeurs dans le marché réduit le nombre de personnes disposées à acheter. Pour elle, lorsque ceux qui constituent habituellement la clientèle deviennent eux-mêmes vendeurs, les possibilités de réaliser des ventes diminuent considérablement. Cette réalité se fait particulièrement sentir à l’approche de la rentrée. « Actuellement, le marché n’est plus comme avant. Du début à l’autre bout du marché, tout le monde est devenu vendeur ou vendeuse. Ceux qui doivent acheter vendent eux-mêmes. Dans ce cas, qui va acheter ? », s’interroge-t-elle.
Pour attirer les rares clients, les vendeurs sont souvent obligés de négocier les prix. Un sac initialement proposé à 8 000 F peut ainsi être cédé à 6 000 F, selon la commerçante. Cette baisse permet aux vendeurs de convaincre certains parents qui hésitent avant de faire leurs achats. Elle représente également, pour les familles, une occasion de réduire les dépenses consacrées aux fournitures scolaires. Les commerçants privilégient donc la discussion avec les clients afin de parvenir à un prix qui puisse convenir aux deux parties. « Nous essayons de les chouchouter et de négocier les prix », explique-t-elle.
Du côté des parents, la question des prix constitue une préoccupation majeure. Aïchata Diallo, parent d’élève à Yirimadjo, estime que plusieurs fournitures coûtent plus cher que l’année dernière. Elle cite notamment les cahiers, dont le prix du paquet représente désormais une dépense plus importante pour les familles. Pour les parents ayant plusieurs enfants scolarisés, la différence entre les prix actuels et ceux de l’année précédente peut peser davantage dans le budget consacré à la rentrée. « Prenons l’exemple des cahiers : le paquet coûte entre 1 750 et 2 000 F, alors que l’année passée, on pouvait le trouver à 1 250, 1 300 ou 1 500 F », témoigne-t-elle.
Cette situation semble également avoir des répercussions sur les ventes. Ali Djibanè, vendeur de fournitures à Yirimadjo, constate un démarrage plus lent des achats. Il compare la situation actuelle à celle de l’année dernière, lorsque les parents avaient déjà commencé à se procurer les articles nécessaires à la rentrée à la même période. Cette année, la fréquentation reste faible et les achats tardent à démarrer véritablement. Selon lui, cette situation est également liée à l’évolution des prix pratiqués par les fournisseurs, avec une légère augmentation qui se répercute sur les articles proposés aux clients. « L’année passée, à cette même période, les gens avaient déjà commencé les achats. Mais cette année, c’est très lent », affirme-t-il.
Bintou Berthé, vendeuse à Yirimadjo, partage le même constat. Elle relève elle aussi une différence entre le niveau des ventes de cette année et celui observé l’année précédente. Parmi les produits concernés, elle cite notamment les paquets dont le prix a connu une augmentation. Pour elle, cette évolution intervient dans une période où les familles doivent déjà gérer plusieurs dépenses liées à la rentrée scolaire. Elle estime également que les difficultés économiques actuelles réduisent les possibilités des parents de consacrer davantage d’argent aux achats scolaires. « Cette année, il n’y a pas assez de marché par rapport à l’année précédente. Le paquet qui était à 1 500 F coûte cette année 2 000 F », souligne-t-elle.
À Missabougou, la situation est un peu différente. Sira Diarra, vendeuse de sacs, est plutôt satisfaite car elle propose des sacs importés de Chine. La diversité des modèles disponibles permet aux clients de choisir en fonction de leurs préférences, mais surtout de leurs moyens financiers. Les prix proposés couvrent une large gamme, avec des sacs accessibles à différents budgets. Cette diversité offre donc plusieurs possibilités aux parents qui cherchent à équiper leurs enfants sans dépasser leurs capacités financières. Cependant, malgré ce choix, la question du pouvoir d’achat demeure présente chez les familles qui fréquentent le marché. « Il y a de très bons sacs, mais les gens n’ont pas assez d’argent », rappelle Ramata Traoré, qui vend aussi des fournitures dans ce marché.
Dans le secteur des vêtements, les avis sont partagés. Lamine Dembélé affirme que ses affaires marchent plutôt bien et que le prix dépend de la qualité choisie par le client. Pour lui, les parents disposent de plusieurs possibilités selon les articles recherchés et le budget qu’ils souhaitent consacrer à l’habillement des enfants. Par contre, Madame Sangaré Binta Kanté explique que ses fournisseurs ont du mal à faire entrer les marchandises dans le pays. Cette difficulté sur l’approvisionnement entraîne une augmentation des prix des vêtements disponibles sur le marché. À cause de cela, les prix ont augmenté, et certains ont même doublé.
Enfin, pour les familles, les dépenses de la rentrée s’ajoutent à d’autres charges lourdes. Fatoumata Sangaré, une mère de famille, rappelle que la période est difficile. Elle souligne que, même lorsque certains prix restent abordables, l’accumulation des dépenses constitue une difficulté pour les ménages. Les besoins des enfants scolarisés doivent être pris en compte au même moment que les autres charges familiales. La présence de vacanciers à la maison peut également augmenter les dépenses quotidiennes, rendant la période encore plus exigeante pour certaines familles. « Les prix sont un peu abordables, mais le problème est qu’il y a trop de dépenses en même temps. Surtout quand on reçoit des vacanciers à la maison en plus de nos propres enfants ».
À quelques jours de la rentrée, parents et commerçants espèrent que les ventes vont s’améliorer au dernier moment. Entre la hausse des prix et le manque d’argent des familles, cette rentrée scolaire demande une gestion financière très serrée. Les parents doivent composer avec leurs moyens pour répondre aux besoins scolaires de leurs enfants, tandis que les commerçants attendent davantage de clients afin de vendre leurs marchandises. Dans les marchés de Yirimadjo et de Missabougou, les derniers jours avant la reprise restent donc particulièrement attendus par les deux parties.
Fatoumata Togo
