Le Mali a toujours été reconnu comme un pays à richesses souterraines incontestable. Si les nombreuses mines d’Or lèvent le doute sur l’existence du métal jaune au Mali, celle du pétrole reste toujours un mystère aux yeux de beaucoup de citoyens malgré son écho fort persistant depuis plusieurs décennies. Des coulisses, une note technique du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau a présenté le potentiel pétrolier du Mali respectivement à Taoudéni, Gao et Nara. Le plus important de cette note est que ces sites sont toujours libres de tout engagement contractuel.
Les statistiques de cette étude posent que le Mali compte, au total, cinq (5) bassins sédimentaires à savoir, entre autres, le bassin de Taoudéni, le fossé de Nara, le graben de Gao, le bassin de Tamesna et le bassin d’Iullemeden. Ces bassins couvrent, plus de 900 000 km² au total, soit respectivement 800.000 km² pour le bassin de Taoudéni, 30.000 km², pour le bassin de Tamesna, 50.000 km², pour le bassin d’Iullemeden, 25.000 km², pour le graben de Gao et 50.000 km², pour le fossé de Nara. Ces bassins sédimentaires ont subi différentes études qui ont permis d’avoir des éléments probants sur la présence en leur sein de nombreuses richesses pétrolières et de gaz.
Le bassin de Taoudéni est le plus vaste bassin intracratonique d’Afrique Occidentale avec au total 2 millions de km² de superficie dont plus de 800.000 km2 au Mali. Il dispose de deux principaux systèmes pétroliers, (Infracambrien et Paléozoïque) présentés selon des éléments caractéristiques particuliers. « Les roches sources sont les argiles intercalées dans les calcaires à stromatolithes avec les formations gréseuses et calcaires karstifiés et fracturés comme potentielles roches réservoirs », a noté cette étude technique du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau avant de citer quelques données de certaines structures reconnues dans le domaine. « Au Mali, des indices de gaz et de bitume ont été enregistrés dans le forage de Yarba-1 » rappelle-t-on tout en précisant que ces indices d’hydrocarbures proviennent d’une section de schistes noirs du même âge. « Les échantillons d’affleurement de ce schiste noir indiquent le potentiel élevé en hydrocarbures et les conditions de maturité précoce (23,3% de COT, HI = 530, Tmax 435 ° C, type I). Les mêmes types de faciès ont produit des hydrocarbures en Oman et en Sibérie » rassure la note. Aussi, souligne-t-on que « deux forages ont été réalisés dans le bassin de Taoudéni l’un en 1982 par Elf et le second en 1985 par Esso atteignant respectivement 2230 et 2320 m de profondeur ; les deux forages ont mis en évidence le système pétrolier du bassin de Taoudéni et le premier a montré des indices de gaz ». Mais, malgré ces expertises il est important de souligner que la plupart de ces sites restent toujours libres de tout engagement contractuel. Une situation qui profitera beaucoup à un pays comme le Mali qui continue à reprocher et mettre en cause beaucoup de ses accords antérieurs avec des partenaires étrangers.
Apres les travaux d’exploration pétrolière sur les 51 blocs que représente l’ensemble des cinq (5) bassins sédimentaires au Mali, il a été admis des blocs d’opportunités dans le graben de Gao (bloc 11), le fossé de Nara (bloc 13) et le bassin de Taoudéni qui offre lui seul des opportunités d’exploitation au niveau des blocs 1, 2, 3, 4, 7 et 9. Parmi ces 6 blocs également, le bloc 4 a particulièrement fait l’objet de travaux intenses qui a donné des perspectives de près de « 2.5 milliards de baril de pétrole et 417 milliards de m3 de gaz ». Aussi, les statistiques de la société HERITAGE OIL, sur près de 848 kml et 203 kml de données sismiques dans le bloc 11 du graben de Gao et 07 du bassin de Taoudéni et 21.000 kml de données potentielles de géophysiques aéroportées sur les deux blocs, font une estimation de près de 4 milliards de baril de pétrole dans les trois prospects identifiés. Ce n’est pas tout, au niveau du Bloc 13 du fossé de Nara, l’interprétation des données de la société AFEX Global a permis de confirmer plus de 6000 m de couverture sédimentaire, même si l’un des deux blocs (13B) fait l’objet d’une demande de permis d’autorisation par une société. Le 13A reste lui toujours libre de tout engagement contractuel. Il faut signaler que les mêmes intérêts pétroliers sont visibles, même si les capacités varient, au niveau du bassin d’Iullemeden, le bassin du Tamesna etc.
Au-delà des énergies fossiles, ces études ont également rappelé sinon démontré l’existence d’autres ressources souterraines au Mali, notamment le gaz, plus particulièrement, l’hydrogène naturel sur le bloc 25 du fossé de Nara. Cette ressource suscite beaucoup d’intérêt sur le plan mondial vue son importance et son rôle dans un monde de plus en plus concurrentiel. Mais, cette source d’énergie a été testée par la société HYDROMA opérant sur le bloc 25 par l’électrification du village de Bourakébougou.
Pour conclure, dans cette note, le département des Mines, de l’Energie et de l’Eau n’a pas manqué de manifester son intérêt pour ces différents jugements de gaz et pétrole. Une véritable opportunité dont le Mali entend bien saisir et développer pour le bonheur du Mali et des Maliens.
Issa Djiguiba
