Ils sont au total 210 travailleurs qui se trouvent sans salaire depuis six mois. Alors que certains bénéficient du contrat à durée déterminée (CDD), d’autres ont le contrat à durée indéterminée (CDI) avec Responsabilité Mining Services (RMS), une société sous-traitante de la société SMK qui se trouve dans le sud du pays, principalement sur le site de Komana, dans le cercle de Yanfolila, région de Sikasso. Face à la situation, les travailleurs ont décidé, mercredi 15 juillet dernier, de tenir un sit-in devant la direction sise à Badalabougou, dans le District de Bamako, en vue de réclamer leurs droits.
Pour des motifs économiques, la société RMS a décidé de remercier au total 210 employés sans leur mettre dans leurs droits. C’est du moins ce que les travailleurs tentaient de dénoncer devant la presse. Selon Moussa Aliou Haïdara, secrétaire général du comité syndical de la société RMS, ces chefs et mères de familles(employés) se trouvent de nos jours à six mois sans salaire. Ils ne savent plus quoi faire et vivent dans des conditions déplorables. « Nous n’avons pas d’autres sources de revenus, si ce n’est cet emploi et sommes à six mois sans salaire. Pour des raisons économiques, la société a décidé de nous mettre en chômage technique depuis le 4 mars dernier. Avant cela, nous avons travaillé courant le mois de février qui est resté impayé. Certains parmi nous ont un contrat à durée déterminée. Le contrat de ces derniers devrait prendre fin le 31 avril dernier, mais la société a anticipé la fin de leur contrat. Ceux-ci sont restés sans leurs droits », a expliqué le secrétaire général. Selon M. Haidara, certains travailleurs qui ont également un contrat à durée indéterminée (CDI) se trouvent également confrontés à cette situation d’impayé. « Nous avons observé trois mois de chômage technique. Suite à cela, ils (responsables de la société) nous ont demandé d’observer un autre mois. Suite aux quatre mois, ils nous ont appelé pour annoncer notre licenciement. Ils nous ont dit qu’ils vont procéder à notre licenciement sans nous mettre dans notre droit », a déploré le syndicaliste, ajoutant, « on ne peut pas licencier quelqu’un pour motif économique sans lui mettre dans ses droits. C’est un cri de cœur que nous lançons ainsi à l’Etat malien. On a l’habitude d’entendre que l’or brille pour le Mali. Je n’en disconviens pas, mais l’or ne brille pas pour les travailleurs de la mine ». De par sa voix, les travailleurs sollicitent l’implication des autorités de la transition pour qu’ils puissent être mis dans leurs droits. Dans cette affaire, ont expliqué les travailleurs, les responsables de RMS se plaignent du fait que l’Etat du Mali a saisi l’or qu’ils ont produits. D’où l’incapacité de la société à faire face aux charges de l’entreprise et le licenciement des 210 travailleurs. « Ils ont automatiquement envoyé tout le monde en chômage technique après le blocage de l’or. On a trop souffert et on se demande si l’Etat est au courant de cette affaire. Nous avons saisi l’inspection du travail et toutes les autorités compétentes en vain », ont déploré les travailleurs. En tout état de cause, les travailleurs estiment être dans une situation précaire en raison du problème.
Mamadou Diarra
