Au moment où le système de santé malien fait face à d’immenses défis : insuffisance de personnel qualifié, crises sanitaires récurrentes, inégalités d’accès aux soins, une autre menace, plus silencieuse, mais tout aussi grave, progresse : la prolifération d’écoles de santé non autorisées par l’État.
Il est aujourd’hui de notoriété publique que plusieurs établissements de formation aux métiers de la santé exercent en marge du cadre réglementaire. Ces structures, souvent dépourvues d’agrément officiel, accueillent chaque année des centaines de jeunes aspirant à devenir infirmiers, sages-femmes, techniciens de laboratoire ou autres professionnels de santé. Pourtant, la qualité de l’encadrement pédagogique, des infrastructures et des stages pratiques laisse fortement à désirer. Les conséquences de se laisser aller sont lourdes.
Comment garantir des soins sécurisés lorsque la formation elle-même présente de graves imperfections ? Comment protéger les patients si ceux qui les prennent en charge n’ont pas bénéficié d’un enseignement conforme aux normes nationales et internationales ? Voici entre autres questions qui taraudent l’esprit des observateurs les plus avertis. Sachant que derrière chaque diplôme délivré sans contrôle rigoureux, il y a un risque potentiel pour la santé publique.
Le secteur sanitaire ne peut souffrir d’approximation. Il en va de la vie des citoyens. Former un professionnel de santé ne relève pas d’un simple commerce, c’est une responsabilité nationale. Laisser prospérer des écoles non autorisées revient à fragiliser davantage un système déjà éprouvé.
Un nettoyage s’impose. Un audit national rigoureux des établissements de formation sanitaire doit être engagé sans délai. Les structures illégales doivent être fermées, et celles qui ne respectent pas les standards doivent être sommées de se conformer aux exigences réglementaires.
Parallèlement, un mécanisme de contrôle permanent et transparent doit être mis en place afin d’éviter toute récidive. Il ne s’agit pas de briser des ambitions, mais de protéger des vies. Les étudiants méritent une formation de qualité. Les patients méritent des soins plus sûrs. Et le Mali mérite un système de santé à la hauteur des attentes de sa population.
Madame le Ministre de la Santé, l’heure n’est plus aux constats, mais plutôt à l’action.
Sékou Togola
