La drépanocytose est une maladie génétique du sang affectant l’hémoglobine, la protéine responsable du transport de l’oxygène dans le sang. Au lieu de globules rouges ronds et souples, les personnes atteintes ont des globules rouges en forme de faucille, rigides et fragiles. Ces cellules anormales obstruent les vaisseaux sanguins, provoquant des crises douloureuses et des complications graves. Dans cet article, le Dr Aboubacar André Pascal Somboro, médecin chercheur au Centre de recherche et de formation sur le paludisme, parle de cette maladie et de comment s’en préserver.
La drépanocytose est une maladie non transmissible, mais génétique. Elle est l’une des maladies les plus répandues au monde.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, environ 300 000 bébés naissent avec une forme grave de ce trouble, dont la majorité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En Afrique subsaharienne, 80 % des cas surviennent, et 50 à 80 % des enfants affectés meurent avant l’âge de 5 ans. La drépanocytose touche principalement les populations d’Afrique subsaharienne, du bassin méditerranéen, du Moyen‑Orient et de l’Inde.
D’après le Dr Somboro, les symptômes de la drépanocytose sont variables et peuvent apparaître dès la petite enfance. Les crises vaso‑occlusives sont caractérisées par des douleurs intenses dans les os, les articulations et l’abdomen. D’autres manifestations incluent l’anémie, la fatigue, l’ictère (jaunisse), des infections fréquentes, des troubles de la croissance et des lésions d’organes (reins, foie, cerveau).
« Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou aggraver les crises de drépanocytose, notamment la déshydratation, les infections, l’altitude élevée, le froid et le stress. La drépanocytose est une maladie autosomique récessive. Cela signifie que les deux parents doivent être porteurs du gène défectueux (trait drépanocytaire) pour que leur enfant soit atteint de la maladie. Si un seul parent est porteur, l’enfant sera porteur sain », laisse entendre le Dr Aboubacar André Pascal Somboro.
S’agissant de la prise en charge de la drépanocytose, le médecin‑chercheur indique qu’elle est multidisciplinaire et vise à soulager les symptômes, à prévenir les complications et à améliorer la qualité de vie des patients. Cela inclut, dit‑il, une surveillance régulière, une hydratation adéquate, des antalgiques pour gérer la douleur, des antibiotiques pour prévenir les infections, des transfusions sanguines et, dans certains cas, une greffe de cellules souches.
Selon le Dr Somboro, la prévention de la drépanocytose repose principalement sur le conseil génétique aux couples à risque. Le dépistage permet un diagnostic précoce et une prise en charge appropriée.
La prévention des crises drépanocytaires, souligne‑t‑il, repose sur plusieurs stratégies complémentaires visant à réduire les facteurs de risque et à améliorer la qualité de vie des patients. Les principaux axes de prévention dont il a fait mention sont, entre autres, l’hydratation optimale, qui consiste à boire beaucoup d’eau tout au long de la journée, car la déshydratation est un facteur déclencheur majeur des crises. Il a aussi recommandé une gestion des douleurs en identifiant les facteurs déclencheurs des crises (stress, infections) et en les évitant autant que possible, ainsi qu’en consultant rapidement un médecin en cas de douleur. Utiliser les analgésiques prescrits par le médecin est également indiqué.
« Se faire vacciner contre les infections est aussi un moyen de prévention des crises. Il est également crucial de consulter régulièrement un hématologue pour un suivi personnalisé. Il faut aussi éviter les situations à risque, comme les altitudes élevées, les températures extrêmes et le stress. Pratiquer une activité physique régulière et modérée est également un moyen de prévention. Adopter une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits, légumes et fer, est important », a recommandé le Dr Aboubacar André Pascal Somboro.
Il est à retenir que la prévention des crises drépanocytaires est une approche globale qui nécessite une collaboration étroite entre le patient, sa famille et l’équipe médicale. En suivant les recommandations ci‑dessus, il est possible de réduire la fréquence et la sévérité des crises ainsi que d’améliorer significativement la qualité de vie. Notons que vivre avec la drépanocytose peut être émotionnellement difficile. Un soutien psychologique peut aider à gérer le stress et l’anxiété.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
