À quelques jours d’Aïd el-Kébir ou fête de Tabaski, le prix du mouton bat tous les records sur le marché à Bamako. « 150 000 francs CFA ne peut pas avoir un mouton cédé à 100 000f, l’année dernière », nous indique un marchant interrogé par nos confrères de Djoliba FM.
Cette flambée est due, selon lui, à plusieurs facteurs liés à l’insécurité qui a pris une tournure inquiétante ces derniers temps.
Après les attaques terroristes complexes et coordonnées du 25 avril 2026 dans plusieurs localités du pays, dont la ville garnison de Kati, causant la mort du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le général d’Armée Sadio Camara, les forces armées maliennes ont renforcé la pression sur les groupes armés terroristes partout sur le territoire national du Mali.
Ne pouvant donc plus tenir frontalement face à l’armée malienne, les terroristes sponsorisés par des États étrangers sur fond de rêve de maintenir un blocus sur Bamako s’attaquent désormais à de paisibles citoyens sans défense sur les différents axes routiers.
Sans foi ni loi, ils tuent les populations civiles, brulent leurs véhicules et tous autres biens dans le seul but de dissuader ceux qui osent encore les défier.
Depuis, un sentiment de peur domine beaucoup de marchands de bétails qui d’habitude viennent vendre à Bamako.
Cette action est venue aggraver une situation déjà précaire marquée par des violences et des vols récurrents de bétails par des groupes armés terroristes à l’intérieur du pays.
Une multiple peine qui frappe les éleveurs et les marchands de bétails menaçant par ricochet l’Aïd el-Kébir ou la fête de Tabaski de cette année. « Devant moi, les groupes armés terroristes ont incendié plus d’une quarantaine de véhicules parmi lesquels trois contenaient des animaux (moutons). On a brulé les véhicules avec les moutons à l’intérieur », nous raconte l’interlocuteur de Djoliba FM.
Ce n’est pas tout, le bon homme dit également avoir payé deux fois le transport pour ses animaux, puisque par crainte de représailles des hommes armés, le premier véhicule emprunté a débarqué les animaux à mi-chemin au niveau de Ségou. Pour donc atteindre la destination Bamako, il était obligé de payer un second véhicule.
Ainsi pour notre interlocuteur, la cherté des prix du mouton cette année est justifiée et bien compréhensible.
Cependant, rassure – t-il, malgré le prix jugé exorbitant, le bétail sera quand même disponible.
Par contre, il a invité les plus hautes autorités du pays à accompagner les marchands à pouvoir vendre leurs animaux, car, l’autre problème non encore évoqué, c’est l’indisponibilité de marchés de batails à Bamako. Après de longs trajets et les graves menaces sur la route, on vient encore trouver qu’il n’y a plus de marchés pour vendre nos animaux, déplore-t-il.
Issa Djiguiba
