Le ministère de la Justice a mis les violences basées sur le genre au cœur du débat ce mercredi à Bamako. Le ministre Mamoudou Kassogue, Garde des Sceaux, a présidé à l’hôtel Villa Soudan la troisième édition du Café des Droits de l’Homme, un cadre de dialogue lancé le 11 décembre 2023 pour améliorer la compréhension et l’appropriation des droits humains par la population malienne. Le thème retenu pour cette édition — « Les violences basées sur le genre, rôles et responsabilités du système judiciaire malien » — place la justice au premier rang des acteurs attendus dans la lutte contre ces violences.
La cérémonie a réuni autour du ministre le Secrétaire général du département, le Dr Boubacar Sidiki Diarrah, le Chef de Cabinet Bakary Soliba Coulibaly, le Directeur national des Droits de l’Homme, des partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux acteurs de la famille judiciaire malienne.
Dans son intervention, le Directeur national des Droits de l’Homme a présenté le Café des Droits de l’Homme comme un espace privilégié de dialogue et de sensibilisation. Il a rappelé un constat alarmant : malgré l’existence d’une stratégie nationale dédiée, les violences basées sur le genre persistent et continuent de toucher en priorité les femmes et les filles à travers le pays.
« Malgré les réformes engagées, l’enjeu demeure l’application effective des mesures afin de combattre l’impunité, de dissuader les auteurs et de garantir un accès réel à la justice », a souligné Mamoudou Kassogue, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme
Le Garde des Sceaux a insisté sur la nécessité d’un système judiciaire mieux formé et plus protecteur pour que la lutte contre les violences basées sur le genre produise des résultats concrets. Car si les textes existent, leur application effective reste le nœud gordien du problème : sans condamnations exemplaires, sans accès facilité à la justice pour les victimes et sans mécanismes de dissuasion crédibles, les violences perdurent dans l’impunité.
La session s’est clôturée par une leçon inaugurale dispensée par la conseillère technique Mme Kontin Marie Thérèse Dansoko, offrant aux participants un éclairage approfondi sur les différentes formes de violences basées sur le genre, leurs mécanismes et les réponses judiciaires adaptées.
Organisé régulièrement par le ministère de la Justice, le Café des Droits de l’Homme illustre la volonté des autorités maliennes de faire des droits humains un sujet de débat public accessible, au-delà des cercles spécialisés. La mobilisation de la grande famille judiciaire autour de cette thématique sensible témoigne d’une prise de conscience croissante des responsabilités que porte le système judiciaire dans la protection des citoyens les plus vulnérables.
Kémoko Diabaté
