Le Collectif des jeunes ressortissants de la Commune Rurale de Ouatagana et d’Ansongo a adressé, le 16 mars 2020, une correspondance au préfet du cercle d’Ansongo. Objectif : la situation sécuritaire et les élections législatives.
Le déplacement des responsables administratifs, politiques, coutumiers sur Gao, Ansongo ou le Niger, dû à la situation sécuritaire dans la zone, préoccupe les ressortissants de la commune de Ouatagouna et d’Ansongo. Ils estiment à près de 3000 ménages de déplacés internes « sans assistance », depuis le 7 février 2020.
Selon la lettre d’information du Collectif des ressortissants de Ouatagouna et d’Ansongo adressée au préfet du cercle le 16 mars dernier, on entrevoit l’idée selon laquelle la tenue des élections législatives s’avère impossible dans ce cercle. Cela, en raison de la situation d’insécurité persistante. « [NDLR] Nos populations ont été mises en gardes par les occupants (les nouveaux maitres) ou les nouvelles autorités de ne pas participer à ces élections à venir au risque de leurs vies », lit-on dans cette lettre adressée au préfet du cercle.
Le Collectif des ressortissants de cette zone ont saisi cette occasion pour montrer leur bonne foi à aller à ces législatives. Néanmoins, ils posent comme conditions : le retour immédiat et permanent du poste sécuritaire frontalier de Labbezanga, l’installation d’une base militaire à Ouatagouna, chef-lieu de la commune, l’installation d’une autre base militaire à Fafa Gourma pour sécuriser l’ensemble du Gourma. « Ces conditions sont des préalables impératifs à toute tenue d’élection dans cette commune », précise-t-on dans la lettre.
Joint par téléphone, Youssouf Yehia, président du Collectif des ressortissants de la commune rurale de Ouatagouna et d’Ansongo, a rappelé l’assemblée générale tenue par son collectif le 11 mars 2020 pour échanger sur cette situation sécuritaire. À l’en croire, aussi bien le maire que les chefs de villages ont été unanimes que les élections ne pourront pas se tenir dans le contexte qui y prévaut. Selon M. Yéhia, même les cartes d’électeurs n’ont pas pu être retirées.
Composé des ressortissants des 16 fractions et cinq villages de la commune rurale de Ouatagouna et d’Ansongo, le Collectif interpelle les autorités afin qu’elles mettent en œuvre les mesures indiquées pour la tenue de ces élections. « C’est des actions citoyennes que nous sommes en train de mener », a expliqué le président du Collectif.
Fousseni Togola
Source : LE PAYS
