Vendredi 27 mars, vers l’après-midi, nous étions à la rencontre du président des commerçants détaillants du Mali, Ibrahim Maiga, non moins président de l’Acovmadia (Association des commerçants voyageurs du Mali et de la diaspora malienne). La raison : connaitre l’avis d’Ibrahim sur les mesures en vigueur dans le pays contre le covid-19. C’était l’occasion pour notre interlocuteur de se prononcer sur l’impact de cette maladie sur eux, les commerçant détaillants.
La santé avant tout. C’est ce qu’a compris le président des commerçants détaillants, Ibrahim Maiga. Raison pour laquelle il a apprécié les mesures prises par le gouvernement dans l’éradication de la maladie Coronavirus. Selon lui, les mesures prises par le Gouvernement sont respectées par la majorité des commerçants. Il affirme que son association a fait des gestes à certaines personnes dans le cadre de la lutte contre ce mal mondial. L’acovmadia a également sensibilisé des commerçants pour le port des casques, le lavage régulier des mains avec du savon ; l’utilisation des gels, le respect des distances d’au moins un (1) mètre…
Selon notre interlocuteur, les commerçants ont, dès le début de la pandémie du norovirus dans les autres pays, senti des difficultés. « L’espoir du commerce, voire de nos commerçants, est la Chine. De ce fait, dès que la Chine a été atteinte du virus, le monde entier le sent. Certes, les commerçants vont dans tous les pays du monde mais ceux qui vont en Chine est plus important. En plus, les produits et marchandises importés de la Chine au Mali, sont plus importants que ceux qui proviennent des autres pays. En raison de cela, le problème qui touche la Chine, atteint le Mali », a-t-il fait comprendre. À cause du covid-19, le sieur Ibrahim déplore l’arrêt quasiment de toutes les usines chinoises qui fournissent le Mali en divers produits. « Toutes les commandes des commerçants maliens sont gelées ; le vol des avions est suspendu, nos compatriotes partis pour acheter des marchandises en Chine sont actuellement bloqués là-bas. Certains qui, après avoir acheté des marchandises, ont été mis en quarantaine dans leur hôtel par les Chinois. D’autres ont quitté leur hôtel pour d’autres endroits », dit-il, regrettant qu’aucune commande ne soit encore possible en Chine pour les commerçants maliens, excepté ceux qui ont des contacts directs avec des usines sur place. Pour Ibrahim Maiga, le gel des activités du secteur de commerce occasionne, au-delà des commerçants, des effets sur le budget national. « Le directeur général de la Douane avait, pour cette année, promis de faire encaisser 700 milliards de nos francs. Cela sera difficile avec l’arrêt des activités des commerçants. Le fait que les choses ne se passent plus comme avant, cela jouera sur la recette de la douane, cette année », a-t-il précisé, soulignant l’augmentation du prix des gels : « Les gels alcooliques de 2000 F sont actuellement vendus à 10.000 F ». L’arrêt du mouvement des commerçants entrainera, selon lui, l’inévitable cherté des marchandises, sucre ,lait… en cette veille du mois de carême.
M. Maiga constate avec amertume le fait que les clients sont rares dans les marchés. Ce qui l’amène à soutenir : « Pour l’ensemble des marchés du Mali, des milliards sont en train d’être perdus. A cause du covid-19, nous perdons des milliards et des milliards dans les marchés ».
Le président de l’Acovmadia invite le gouvernement à former des commerçants dans la lutte contre le covd-19, et à repousser de deux (2) mois la date butoire de prendre des vignettes et autres pièces que les commerçants doivent prendre. Au nom des commerçants, il plaide pour l’installation des barils partout dans les marchés, et la désinfestation du marché « Dabanani ».
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
