La tournée nationale des lauréats de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025 a débuté le samedi 24 octobre 2026 à Bougouni. Organisée sur le site du Festival Didadi, la cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence des autorités administratives, politiques et coutumières de Bougouni.
Cette initiative prolonge la Biennale en donnant aux créations récompensées l’occasion d’être présentées dans d’autres localités. Elle s’inscrit dans les orientations culturelles des autorités maliennes, notamment la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033. La tournée intervient également durant l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027, qui accorde une place particulière à la promotion des expressions artistiques et du patrimoine national.
Pour cette première étape, le public a découvert plusieurs prestations issues de la compétition de Tombouctou. Le programme comprenait la pièce de théâtre « À la recherche de la pitance », le solo de chant de la région de Koulikoro et son orchestre moderne. La danse traditionnelle de Bougouni figurait également à l’affiche. Ces différentes expressions ont permis de présenter des créations distinguées lors de la précédente édition, tout en réservant une place aux traditions artistiques de la région hôte.
Lors de son intervention, Mamou Daffé a souligné l’importance de prolonger la vie des œuvres après la compétition. La tournée doit permettre aux artistes primés de retrouver les spectateurs dans plusieurs régions et de partager leur travail avec des populations éloignées du rendez-vous de Tombouctou. Cette démarche donne une autre dimension aux récompenses obtenues, en favorisant la circulation des productions et leur appropriation par différents publics, sans limiter leur portée au cadre de la manifestation qui les a consacrées.
Le gouverneur de la région de Bougouni, le général de brigade Ousmane Wélé, a mis l’accent sur la contribution de la culture à la cohésion sociale, à la paix et au développement durable. Il a également évoqué les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle de 2027, que la région doit accueillir. Cette perspective place Bougouni face à un défi d’organisation, mais aussi à l’occasion de faire connaître davantage ses richesses culturelles auprès des délégations et des visiteurs attendus.
La cérémonie a également été marquée par la participation de plusieurs figures de la musique malienne. Nahawa Doumbia, Doussou Bagayoko et Bakary Coulibaly, connu sous le nom de BMC, ont apporté leur contribution artistique au rendez-vous. Leurs prestations ont accompagné cette ouverture consacrée aux lauréats, dans une programmation associant théâtre, chant, orchestre moderne et danse traditionnelle. La diversité des formes présentées a donné à cette première étape une dimension mêlant créations primées et expressions musicales appréciées du public.
Ce lancement à Bougouni place la diffusion des œuvres au centre de la politique de valorisation culturelle portée par le ministère. La rencontre entre les artistes et les spectateurs constitue l’un des principaux objectifs de cette démarche, qui cherche à élargir l’audience des productions primées. Pour les créateurs, ces représentations offrent des occasions supplémentaires de faire connaître leur travail. Pour les publics, elles donnent accès à des œuvres issues d’une compétition nationale sans devoir se déplacer à Tombouctou.
La tournée doit se poursuivre dans les autres localités prévues par le programme officiel. Son déroulement permettra de présenter les œuvres primées à des publics différents et de maintenir leur visibilité après la Biennale de 2025. À Bougouni, cette première étape s’est tenue alors que la région prépare déjà l’édition de 2027. Les deux rendez-vous donnent ainsi une place particulière à la ville dans l’agenda culturel national, entre diffusion des créations existantes et préparation de la prochaine grande rencontre artistique.
Ibrahim Kalifa Djitteye
