Le 29 janvier 2026 restera gravé dans les annales de l’histoire comme le jour où le Pays des hommes intègres a décidé de rompre définitivement avec un système politique importé, jugé obsolète et source de divisions. En annonçant la dissolution des partis politiques, Ibrahim Traoré n’a pas seulement signé un décret ; il a posé un acte de refondation nationale, s’alignant sur une vision de souveraineté désormais retrouvée par les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une thérapie de choc pour la survie du Faso
Pourquoi une telle décision, et pourquoi maintenant ? Pour comprendre le geste d’Ibrahim Traoré, il faut regarder la réalité en face. Depuis des décennies, la prolifération des partis politiques au Burkina Faso — on en comptait deux cent au bas mot — a davantage servi les intérêts de « boutiquiers politiques », que ceux du peuple. Le gouvernement a été clair : la multiplication de ces structures a entraîné des dérives graves, alimentant la division au moment même où la nation a besoin d’un bloc monolithique, une union sacrée, pour affronter le terrorisme.
En défendant cette position, le capitaine Traoré ne cherche pas à museler la pensée, mais à prioriser la survie de l’État. Comment peut-on parler de « consultations électorales » ou de « débats partisans » quand le territoire est menacé et que des populations luttent pour leur dignité, voire leur survie ? Pour voter il faut une unité territoriale. Car sans territoire, il n’y a point d’élections.
Ibrahim Traoré propose une « réforme en profondeur de la gouvernance », où le mérite, le travail et l’unité nationale remplacent les querelles individuelles et égoïstes, parfois financées par des puissances étrangères. C’est un retour aux valeurs de la Révolution de Thomas Sankara : la politique doit être un service qui défend l’intérêt supérieur de la Nation, pas un fonds de commerce suralimenté par la corruption et les deals politiques.
Mali, Niger, Burkina : Un même combat, un même destin
Cette décision ne sort pas de nulle part. Elle est l’écho à la trajectoire de ses frères d’armes de l’AES. Au Mali, Assimi Goïta avait déjà tracé la voie en suspendant, puis en actant la dissolution des activités politiques pour » raisons d’ordre public ». À Niamey, le général Abdourahamane Tiani a suivi une logique similaire pour nettoyer les antichambres d’une classe politique déconnectée des réalités sécuritaires.
Il existe une similitude frappante dans ces trois pays :
– Le constat d’échec : Les partis traditionnels ont failli à protéger les populations.
– La menace extérieure : La nécessité de fermer la porte aux ingérences impérialistes qui utilisent souvent les canaux politiques pour déstabiliser les transitions.
– L’urgence sécuritaire : La mobilisation générale ne tolère pas la dispersion des forces vives de la Nation.
– L’unité des trois chefs d’État de l’AES est aujourd’hui plus solide que jamais. Ils forment un bloc indéfectible face aux pressions de la CEDEAO et des puissances occidentales. Pour le citoyen lambda à Bamako, Ouagadougou ou Niamey, ce trio représente l’espoir d’une Afrique qui décide pour elle-même, par elle-même.
Vers une nouvelle architecture politique
Si l’on analyse cette situation avec le recul, il est évident que nous assistons à la naissance d’un modèle de gouvernance sahélien. Les conséquences de ces dissolutions sont doubles. D’une part, elles créent un vide que les autorités de transition doivent combler par des mécanismes de consultation directe avec la base : chefferies traditionnelles, organisations socio-professionnelles et mouvements de jeunesse. C’est ce qu’on appelle la « démocratie directe » ou endogène. D’autre part, cela force les « vieux loups » politiques à se réinventer ou à disparaître. Le président du CDP, le parti qui a dirigé le Burkina Faso pendant près de trois décennies, Eddie Komboego, dit avoir « pris acte » du décret de dissolution et a invité ses militants à se conformer à cette décision. Les états-majors des partis politiques d’antan ont trois options : se réadapter, vivre dans la clandestinité ou disparaître.
Pour le citoyen malien, burkinabè et nigérien, le message est limpide : la période des promesses électorales non tenues est révolue. L’heure est à la Confédération de l’AES, une entité qui ne reconnaît qu’un seul parti : celui de la Patrie. « Le gouvernement estime que la multiplication des partis politiques a entraîné des dérives, favorisant la division des citoyens et fragilisant le tissu social » selon la Présidence du Burkina Faso.
La Patrie ou la mort
La dissolution des partis au Burkina est le signe d’une maturité politique nouvelle. Ibrahim Traoré, en prenant ses responsabilités, montre qu’il n’a pas peur de bousculer les habitudes pour garantir la paix. En 2026, l’AES n’est plus une simple alliance militaire, c’est un laboratoire politique où se forge l’avenir d’une Afrique décomplexée.
Moussa Sebgo
Le ralliement des forces vives : l’exemple du CDP
Même au sein de l’ancienne classe politique, le message de fermeté et de patriotisme du capitaine Ibrahim Traoré commence à porter ses fruits. Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès CDP (l’ancien parti de Blaise Compaoré qui a dirigé le pays pendant 27 ans), a lui-même adopté une posture de tempérance. Loin de s’opposer frontalement à la vision de la Transition, il a « pris acte » du décret gouvernemental et a multiplié les appels à soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les VDP.
Pour cet acteur majeur de la scène politique, l’heure n’est plus aux calculs électoraux mais à la survie de la nation. Ce ralliement, même tacite, montre que le projet de l’AES dépasse les clivages : il s’agit de former un front uni, un véritable rempart contre l’instabilité. En acceptant de mettre entre parenthèses les ambitions partisanes, des leaders comme Eddie Komboïgo valident indirectement la thérapie de choc imposée par le pouvoir de Ouagadougou, pour le bien du peuple.
Dissolution des partis politiques, le gouvernement s’assume
Le ministre d’Administration territoriale et de la Mobilité, M. Emile Zerbo, a adressé, le 30 janvier dernier, une correspondance aux anciens responsables de partis ou formations politiques dissous du Burkina Faso. C’était pour souligner le transfert du patrimoine des partis et formations politiques dissous. Il a rappelé que le Conseil des Ministres, en sa séance du 29 janvier 2026, a décrété la dissolution des partis et formations politiques. Ce décret prévoit la dévolution du patrimoine des partis et formations politiques dissous à l’Etat. Pour ce faire, le ministre de tutelle a invité les responsables politiques à s’y conformer et à s’abstenir de toute action contraire ou susceptible de nuire à l’intégrité du processus de transfert dudit patrimoine. En tout état de cause, l’Administration burkinabè annonce prendre toutes les mesures idoines pour s’assurer du respect des dispositions du décret susmentionné.
