Dans les rues de Bourem, aux années 1972-1973, si l’on prononce « Fanny Fanny», un doux sourire accompagne immédiatement les visages. Ce surnom affectueux (Fanny pour les Fatoumata dans la région de Tombouctou) et prolongé en longueur ou en double à Bourem, aussi mélodieux qu’évocateur, incarne bien la personnalité de Fatoumata Nouhoum Cissé : une femme charmante, élégante, mais aussi enracinée et engagée qui a forgé son parcours entre tradition et ambition.
Née à Bourem, au cœur du cercle, Fanny Fanny est issue de l’union entre un père commerçant originaire de Goundam et une mère native de Kabara. Tous deux, dans leur quête de stabilité, ont trouvé dans la cité du Foghas un havre où élever leur famille.
Fanny y grandit, respirant les valeurs d’effort, de partage et de solidarité.
Douée et brillante à l’école, elle rejoint le prestigieux Lycée des Jeunes Filles de Bamako, aux côtés de futures figures féminines du Mali comme Fatim Sidibé (ORTM) ou Oumou Touré (CAFO). Mais le destin l’éprouve au baccalauréat série SB (Sciences Biologiques).
Elle rebondit avec un CAP en comptabilité, décroché dans un collège de la capitale.
Là voilà qui assume son retour à Bourem.
De retour, Fanny refuse les postes d’enseignante qui s’offrent à elle, malgré son nom figurant sur plusieurs listes de formations continues. Finalement, sur les conseils avisés de Arahama Abdourhamane et de Amadou Dicko, elle accepte de porter la craie en 2003, par choix et par conviction.
On la retrouvera plus tard comme une militante sociale au service du développement local, car Fanny ne se limite pas à l’enseignement. Elle est également Présidente de l’Association Alahidou, une structure de femmes dynamiques impliquées dans le reboisement, le maraîchage et la promotion des activités génératrices de revenus.
Sa participation à la CAFO (Coordination des Associations et Organisations Féminines) est tout aussi remarquable, où elle se fait une voix incontournable des femmes de Bourem.
En 2013, sa notoriété dépasse les frontières locales lors de la caravane dénommée “Arbre à Palabres”, où elle livre un témoignage poignant sur les conditions de sécurité à Bourem.
Sa vidéo, largement relayée, marque les esprits et renforce son image de femme lucide, engagée et profondément ancrée dans sa communauté.
Fanny demeure, après une soixantaine d’années de résidence, une fille de Bourem, de cœur et d’âme.
Malgré ses racines tombouctiennes, elle se revendique pleinement de Bourem. « Je me sens plus ici, née et grandie en bénéficiant de tout », dit-elle avec franchise.
Aujourd’hui, Fatoumata Nouhoum Cissé incarne cette nouvelle génération de femmes de Bourem : modernes, engagées, et dévouées à l’essor de leur communauté. Une fierté locale. Une actrice du changement comme lorsqu’à sa jeunesse, les vertus comme le travail et la solidarité renforçaient leur union dans un Groupe au nom symbolique LES QUEENS (c’est-à-dire les Reines) avec des icônes comme Lalla Cheick Moulaye, Chato Cissé, Nana Omorou, Inna Sangho, Fadimoutou Diarra, Aminta Traoré…
Dans une époque où l’ancrage local devient un moteur de transformation, Fatoumata Nouhoum Cissé incarne avec grâce et détermination cette fierté d’être de Bourem. Ni le poids des épreuves, ni les opportunités ailleurs n’ont détourné son regard de Bourem, même si elle est aujourd’hui épouse de l’édile de Bourem.
Fanny Fanny est une figure féminine de son temps ; et son choix d’éclairer les sentiers du possible dans le Foghas Gourma, derrière le fleuve, lui rétribue tout son naturel………son charme également !
(Source BURAM TIIRAA)
