Edito : des hommes sans convictions

Le Malien restera-t-il éternellement esclave des petites combines afin d’atteindre son objectif personnel ?

On est tenté de répondre par l’affirmative au regard de la situation qui se prévaut sous la transition en cours. Des hommes sans convictions, qui disent une chose et son contraire en moins de 24h, peuplent la maison du Malikura.

Le 21 juillet 2022, le Président de la transition signait un décret favorisant l’ouverture du CNT à 26 personnes issues de différentes sensibilités. Le choix des représentants, conformément aux quotas mentionnés dans le décret, a suscité des tensions dans plusieurs organisations. Pour un ou 2 postes, des centaines de prétendants viennent présenter leurs dossiers aux cours des réunions de désignation.

En marge de cela, certains ne se reconnaissant pas dans telle ou telle entité, partent directement déposer leurs dossiers à la Présidence.

Et ce qui est plus étonnant, c’est que des gens virulents contre la transition, qui voient dans la démarche des autorités de la transition un leurre servi au peuple, se bousculent au portillon de Koulouba. Ils veulent être membres du CNT. Une posture paradoxale!!! Comment peut-on être contre une politique et vouloir être en même temps partie intégrante du même système ?

Cette affaire de CNT traduit la vraie nature du Malien. Le changement est au bout des lèvres, mais il n’y a aucune réelle conviction pour matérialiser cette volonté. Les gens cherchent à préserver leurs propres intérêts.

Comment peut-on  comprendre qu’il y ait eu plus de 8000 dossiers déposés à Koulaba, alors que l’esprit du décret fixe le nombre de dossiers à 52 (parmi lesquels les autorités devront choisir les 26) ?

Le malaise est perceptible partout et les autorités doivent comprendre que le problème de ce pays n’est pas seulement les politiques, mais presque toutes les entités.

Alors, elles doivent tirer les enseignements de ces comportements anti-changement, afin de bâtir le Malikura avec des hommes qui ont pour ultime conviction servir la Nation sans attendre d’elle en retour un quelconque avantage.

Le chemin est long et périlleux car le Malien est difficile à étudier.

Boubacar Yalkoué

Source : LE PAYS

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