L’homme n’est pas du tout inconnu du grand public pour avoir démissionné de l’armée et rejoint l’opposition à un moment donné. Et plus tard, il forma son parti en catimini et dont le siège fut Kanadjiguila, un quartier périphérique de Bamako. Dans ce halo d’évènements que connait le pays ces derniers temps après la chute d’IBK contre lequel il avait livré une véritable guerre, le général demeure toujours silencieux. Son silence ne cacherait-il pas quelque chose ? Serait-ce une stratégie pour bien rebondir ?
En effet, jusqu’à ce jour, le général Moussa Sinko observe un long silence. Et ses ambitions politiques ? Serait-on tenté de se demander. Après mûre réflexion, nous sommes tentés de nous dire que ce fin stratège de général (ou plutôt d’ex-général) prépare un coup savant. Car comme cela se murmure sur les ondes de notre radio à circuit fermé, les militaires ne voudront que placer quelqu’un de leur chose à Koulouba. Tout comme Konaré l’a fait avec ATT.
A l’analyse, Moussa Sinko pourrait être cet homme. Un homme propre qui ne se sera guère sali les mains dans la bouillabaisse. Et autre avantage, il est militaire sans l’être, car ayant démissionné.
Notre analyse, loin d’être parole d’évangile, n’est que le fruit d’une réflexion débridée. Car l’échiquier politique malien ressemble étrangement à un puzzle dont les pions épars donneraient à réfléchir plus d’une fois au plus grand politologue de tous les temps.
On se rappelle que Moussa Sinko en avait eu ras-le-bol d’IBK et son régime de pilleurs patentés et s’était manifesté contre. Mais paradoxalement, il s’était mis à l’écart des manifestations du M5 qui faisait pourtant son affaire. Et même après le succès du mouvement, il ne fit guère de déclaration pour marquer son approbation.
Stratégie ou abandon de la chose politique ? Nous osons opter pour la première hypothèse, car un loup affamé de surcroit deçà ne peut si facilement baisser les rames. Et pour conforter notre analyse, un lieutenant retraité de l’armée qui, en son temps avait prédit sans sourciller l’arrivée de Bah Dao à la tête du pays, n’a rien trouvé à redire à notre hypothèse. « C’est fort possible », nous-a-t-il dit quand nous lui avons posé la question. Wait and see !
Ben Diakité Ladji de Balzac
