Inquiets face à la disparition en vue des cours d’eau et de l’environnement à cause de l’exploitation illégale de l’or dans le pays, les responsables du Collectif des Citoyens pour la Protection de l’Environnement ont tenu, samedi 6 septembre à Djélibougou, en commune I du District de Bamako, une conférence de presse. C’était sous l’égide de M. Seydou Bocoum, un des responsables du Collectif, qui était accompagné de M. Mamadou N’Diaye, secrétaire général adjoint du Collectif, porte-parole ; M. Moussa Makalou, membre du collectif…
« Le message lancé consiste à dire aux autorités de nous venir en aide pour sauver les cours d’eau et l’environnement. Le Mali est menacé de disparition, parce que quand il n’y a plus d’eau potable à boire et de terre cultivable, qu’allons-nous devenir dans cinq (5) ou dix (10) ans ? », s’est interrogé le porte-parole. Selon Mamadou N’Diaye, il n’y a plus de condition de vie pour le bien-être. La destruction de l’environnement ne touche pas que les animaux. Elle a un impact sur la vie des citoyens, a estimé le secrétaire général, pointant un doigt accusateur sur les pratiquants de l’exploitation illégale de l’or dans le pays. « Nous sollicitons vraiment l’aide du chef de l’État pour qu’il prenne urgemment un décret afin d’arrêter cette calamité. Cette situation n’est due à rien d’autre que l’exploitation sauvage et barbare de l’or dans notre pays. On peut exploiter l’or sans aller dans la barbarie. Ce que les exploitants font est un crime. La pollution de l’eau et la destruction de nos terres touchent combien de Maliens, d’animaux et de ressources aquatiques ?», s’est interrogé Mamadou N’Diaye. Et d’alerter que ces exploitations illégales se font un peu partout au Mali, singulièrement dans les localités de Kayes, Sikasso, Mandé… « L’exploitation de l’or ne pose pas de problème, c’est la pollution de l’eau qui reste inquiétante. Les produits chimiques qui sont utilisés pour laver l’or sont toxiques », a-t-il fait savoir.
L’urgence de stopper l’hémorragie des acteurs affectés
De son côté, Seydou Bocoum a sollicité l’arrêt de « l’hémorragie » en demandant l’implication personnelle du Président de la Transition, général d’armée Assimi Goïta, celle du Premier ministre, général de Division Abdoulaye Maïga et de plusieurs ministres, dont celui de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué. Aux personnalités citées, il a souligné l’urgence et la nécessité d’agir pour sauver les cours d’eau et l’environnement du pays. Des secteurs qui, dira-t-il, sont malheureusement en voie de disparition à cause de l’exploitation illégale de l’or. Des pratiques illégales et dangereuses qui continuent de se faire en violation flagrante du nouveau code minier en vigueur. À cause de l’usage des produits chimiques, lesdites pratiques sont en train de menacer la santé des Maliens, de ruiner les cours d’eau, voir, toucher les ressources aquatiques. Aussi, a ajouté M. Bocoum, elles sont à l’origine de la destruction de plusieurs champs de maïs, de mil, de riz…, appartenant aux citoyens. Aux dires du conférencier Bocoum, il suffit de faire un tour dans les localités de Mandé, de Sikasso, Kéniéba et d’autres zones pour se rendre compte du danger qui guette le pays. « Nous avons tenu cette rencontre pour alors exprimer un cri de cœur à l’endroit de nos autorités de la Transition. Notre mission est de protéger l’environnement. De nos jours au Mali, les cours d’eau sont menacés. Ceux de Falémé et des localités comme Sikasso ont été également touchés. Si des mesures urgentes ne sont pas prises à temps, le traitement de l’eau sera, sous peu de temps, difficile pour la SOMAGEP à cause de la qualité des cours d’eau », a alerté Seydou Bocoum, estimant que la protection de l’environnement est un devoir pour tout citoyen malien, comme stipulé par l’article 25 de la Constitution en vigueur.
Mamadou Diarra
