Pour mener à bien leurs missions, les syndicalistes membres de la section syndicale de la justice ont invité, depuis la semaine dernière, leurs militants à « strictement » observer le mot d’ordre des 120h de grève en cours depuis ce lundi 27 février jusqu’au 3 mars prochain.
Le ton a été déjà donné. Une légère paralysie semble alors être inéluctable dans le secteur de la justice, courant quasiment toute la semaine sous l’ère de la transition. Ils sont, à cet effet, certainement nombreux à rester à la maison en raison du mot d’ordre lancé par le bureau de la section syndicale de la justice. Dans une lettre d’information datant du 7 février dernier, les syndicalistes font part au département du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social de la tenue de 120 heures de grève. Une grève s’expliquant, selon les plaignants, par le non-respect et la non-satisfaction des points inscrits dans le procès-verbal signé entre le gouvernement et la centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) d’une part. La présente grève s’explique, d’autre part, par le non-respect du PV de conciliation signé entre le ministère de la Justice et la section syndicale de la justice. Sur la base d’une lettre d’information, les syndicalistes ont tenu à s’adresser au ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social en conférant certaines précisions. Cette grève, apprend-on du document du préavis de grève, se tient conformément à la constitution malienne et à de nombreux textes dont la loi 02-053 du 16 décembre 2002 portant statut général des fonctionnaires. Les syndicalistes se plaignent par le fait que la partie gouvernementale n’arrive, en dépit de la signature d’un procès-verbal, à honorer sa promesse. Les responsables syndicaux protestent singulièrement contre le non-respect de certains points qui se trouvent dans le procès-verbal signé à la fois par le gouvernement et la CDTM, en date de 2015. « Considérant la non-satisfaction des points N°11, 12, 13, 14 et 15 inscrits dans le procès-verbal entre le gouvernement et la CDTM en date du 21 août 2015, considérant la non-application du procès-verbal de conciliation en date du 10 août 2021 entre le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux et la section syndicale de la justice », les syndicalistes annoncent avoir notifié, par la présente, le ministère du Travail pour la tenue de cette grève de 120 heures. La grève commence ce lundi 27 février 2023 et se poursuivra jusqu’au 3 mars. La présente grève est reconductible en illimitée si la doléance syndicale n’est pas satisfaite, ajoute-t-on. Et la corporation syndicale de déclarer qu’elle exige l’octroi d’indemnité de participation à la judicature à tout le personnel non-magistrat, conformément à la loi d’Orientation et de Programmation du service de la justice dans ses recommandations en date de décembre 2019. Via un communiqué publié le 23 février, le bureau exécutif de la section syndicale de la justice dit inviter ses militants et sympathisants au respect « scrupuleux » du mot d’ordre de grève. Puis de soutenir que le comité de veille se chargera de vérifier toute violation dudit mot d’ordre par certains militants. En cas du manque de satisfaction, les syndicalistes envisagent d’intensifier les mouvements de grève en activant une grève illimitée dans le secteur. En la matière, la question se pose à savoir si le gouvernement de la transition sera apte à satisfaire aux besoins des plaignants de la semaine. En tout état de cause, tout porte à croire qu’une éventuelle paralysie légère sera, avec cette perturbation, constatable dans le secteur de la justice, courant toute la semaine. Ce qui, peut-on prédire, n’est pas sans impact sur les services à rendre au contribuable malien.
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
