Impact de la covid-19 et de la situation sécuritaire de Liptako-Gourma et de Bamako : Arga-Mali et ses partenaires valident des résultats des experts

Via le projet EMAGIS II : engagement multi-acteurs pour une gouvernance inclusive du secteur de la sécurité, les responsables de l’alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (Arga-Mali) ont, en compagnie de leur partenaire, tenu jeudi 22 avril au CNDIF, l’atelier de restitution et de validation d’une étude menée par des experts sur l’impact de la covid-19 et de la situation sécuritaire dans les régions de Liptako-Gourma et du district de Bamako. Occasion pour eux de valider les résultats.

Cette étude porte sur la crise sécuritaire du Mali qui date de 2012 à nos jours, et le covid-19 dont le premier cas a été constaté le 25 mars 2020.Liptako-Gourma s’étende sur les territoires du Mali, Niger et du Burkina Faso. « Mais cette étude ne concerne que les régions de Liptako-Gourma du Mali », ont précisé les experts de cette étude. Liptako-Gourma compte entre autres : Ménaka ; Gao ; Mopti ; Tombouctou ; Kidal… Du mars 2020 à décembre 2020, le nombre de personnes atteintes du covid-19 dans le district de Bamako a été 3750.Aussi, ajoutent les experts, Bamako constituait, en juin 2020, le foyer du covid-19 avec 78% des cas confirmés à travers le Mali. Quant à Liptako-Gourma, indique-t-on, « les statistiques montrent que ses régions  restent  moins atteintes du covid-19 que Bamako ». Et La plupart des personnes affectées étaient en contact avec des étrangers. À leurs dires, cette crise sanitaire a eu, dans Liptako-Gourma, de répercussions sur le processus du DRR. La réduction des services de base (éducation ; santé…) a non seulement réduit la résilience sanitaire de la population des déplacés internes, mais créée aussi des conditions favorables aux recruteurs des groupes armés et du crime organisé, ont-ils évoqué. Puis d’ajouter : « La hausse de prix, la perte de revenus, la diminution de l’assistance humanitaire, et l’endettement ont été la principale conséquence économique de cette crise sanitaire ».Les régions de Liptako-Gourma sont confrontées, d’après eux, à des problèmes de déplacés internes. Au sujet de l’insécurité, les experts rappellent  que Liptako-Gourma reste toujours touché plus que Bamako, capitale du Mali.

Ils estiment que les populations sont laissées pour compte, en plus de l’absence de l’Etat. Pour donc pallier ces problèmes, ils soutiennent : « Il  faut revoir le domaine des conditions de sécuriser le déploiement des services de santé ». À Bamako, énoncent-ils,  certes le problème ne se pose pas, puisque des mesures sont prises et il y a suffisamment de sécurités pour que la santé soit représentée partout. Mais dans le Liptako-Gourma, il n’est pas évident que la santé soit représentée partout et à un niveau correct, ont-ils constaté. Des agents sur place que nous avons constaté  sont incompétents, il faut qu’on amène ceux qui le sont, ont-ils dit. Pour l’occasion, ils ont sollicité le renforcement des dispositifs de prévention des dépistages, voire la prise des mesures économiques adaptées réduisant les charges de la population de Bamako et de Liptako-Gourma. « C’est au niveau du renforcement des dispositifs de prévention qu’il y a des dispositions urgentes à faire en rendant le test PCR disponible dans toutes les régions. Ce test est fait dans les régions, puis envoyé à Bamako pour des résultats. Il faut combien de jours pour cela ? La personne infectée pourra contaminer combien de personnes entre ce temps ? Donc il s’agit de décentraliser le test PCR », ont-ils prôné. Puis de plaider pour la sensibilisation,  la réhabilitation des centres de santé de Liptako-Gourma, l’octroi des primes au personnel desdites zones, la création d’un centre international de production de vaccins à Bamako…Ces propositions ont été validées. Pour Dramane Sissoko, représentant d’Arga-Mali, Liptako-Gourma est caractérisé par une croissance d’insécurité due à la montée de l’extrémisme violent et à la multiplication des groupes armés. Il était, selon lui, donc impératif de faire cette étude sur le coronavirus et l’insécurité via le projet EMAGIS II d’Arga-Mali et ses partenaires (le centre d’étude stratégique et l’institut national démocratique, NDI).Pour  Siaka Koné, représentant du centre d’étude stratégique, « ces propositions seront soumises au gouvernement ».

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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