Le Rassemblement pour le Mali (RPM) a rendu publique une déclaration vigoureuse pour alerter l’opinion nationale sur ce qu’il considère comme une menace grave contre la Constitution malienne et les acquis démocratiques nés de la Révolution de mars 1991. En effet, depuis quelques semaines, la dissolution des partis politiques est l’actualité qui défraie la chronique au Mali. Cette mesure, perçue par de nombreux acteurs et organisations politiques comme une atteinte aux libertés fondamentales, a été dénoncée comme une violation des principes démocratiques et constitutionnels.
Pour le RPM, la Constitution est une fondation inébranlable, et non un édifice qu’on pourrait rénover à chaque changement de saison politique. Ils rappellent que le 31 mars 1991, l’Acte constitutionnel n°1 du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) avait rétabli le multipartisme intégral, l’une des plus grandes conquêtes de la révolution. Ce socle a ensuite été renforcé par l’adoption, en 1992, d’une nouvelle Constitution issue de la Conférence nationale souveraine, consacrant définitivement la démocratie au Mali.
Après le coup d’État du 18 août 2020, les nouvelles autorités avaient d’abord réaffirmé leur attachement à la Constitution de 1992, avant d’initier l’adoption d’une nouvelle Constitution, promulguée le 22 juillet 2023. Cette dernière, à travers son article 30, proclame solennellement que le Mali est une République indépendante, souveraine, démocratique, laïque et sociale.
Dans ce contexte, le RPM s’inquiète des tentatives visant à réduire le nombre des partis politiques. Selon le parti, s’attaquer au multipartisme intégral reviendrait à remettre en cause la forme républicaine de l’État, une violation grave de la Constitution et du principe de l’État de droit. L’article 39 de la nouvelle Constitution, tout comme l’article 28 de l’ancienne, garantit la liberté de création et d’exercice des partis politiques dans un cadre légal défini.
Le RPM dénonce également le processus entourant la relecture de la charte des partis politiques. Invités initialement à faire des propositions de réforme, les partis n’ont reçu aucun retour officiel. À leur grande surprise, le communiqué du Conseil des ministres du 4 avril 2025 annonçait des consultations régionales et à l’étranger, dont l’objectif semblait désormais orienté vers la suppression ou la réduction drastique du nombre de partis.
Le parti de feu Ibrahim Boubacar Keïta estime que ceux qui réclament la suppression des partis ne s’appuient sur aucun argument juridique valable et entraînent la transition vers une dérive autoritaire. Toute décision administrative visant à réduire ou supprimer des partis serait, selon lui, arbitraire et constituerait un abus de pouvoir flagrant.
Le RPM met en garde contre les conséquences d’une telle démarche, qui pourrait plonger le Mali dans une nouvelle crise politique et sociale. Le parti appelle le Gouvernement de transition à privilégier le dialogue, la concertation et le respect scrupuleux de la Constitution, socle indispensable du « Maliba » commun à tous les Maliens.
Plus qu’un simple appel, c’est un avertissement lancé pour protéger la démocratie malienne durement acquise, et pour rappeler que la défense de la Constitution est avant tout la défense de la République et de l’avenir du pays.
Ibrahim Kalifa Djitteye
