Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a rencontré jeudi à Koulouba le corps diplomatique accrédité au Mali lors d’une session d’échanges consacrée à la situation sécuritaire du pays après les attaques terroristes du 25 avril.
Cette rencontre, présentée comme la première session d’information avec les partenaires internationaux pour l’année 2026, s’est tenue dans un contexte marqué par les attaques simultanées qui ont visé plusieurs localités du pays et coûté la vie à des civils et militaires, dont le Général d’Armée Sadio Camara, ministre d’État et ministre de la Défense et des Anciens combattants.
Dans son intervention liminaire, le chef de la diplomatie malienne a rappelé que le gouvernement privilégie « la communication directe avec l’ensemble de ses partenaires internationaux, en toute transparence et en toute franchise ».
Le ministre a estimé que les attaques du 25 avril relevaient d’« attaques terroristes complexes, coordonnées et planifiées avec des sponsors internes et externes ». Selon lui, « l’alliance entre les groupes terroristes et certains groupes armés opérant dans les régions du Nord du Mali ne fait plus l’objet d’aucun doute ».
Les autorités maliennes considèrent également que ces attaques s’inscrivent dans « un vaste plan de déstabilisation du Mali » et dans une « guerre hybride par procuration menée par certains États contre le Mali et les autres pays de la Confédération AES ».
Au cours de la rencontre, le ministre a salué la coopération sécuritaire avec les pays membres de la Confédération des États du Sahel, notamment le Burkina Faso et le Niger, ainsi que l’appui de la Fédération de Russie dans la lutte contre le terrorisme.
Le gouvernement malien affirme que la Force unifiée de l’AES contribue désormais à renforcer les capacités opérationnelles dans la lutte contre les groupes armés terroristes.
Le chef de la diplomatie a également insisté sur le fait que la réponse des autorités ne sera pas uniquement sécuritaire, mais également « holistique », intégrant des dimensions sociales, géopolitiques et de développement.
Concernant la situation institutionnelle, le ministre a assuré que « l’État est debout » et que la continuité institutionnelle reste maintenue après les récentes réorganisations au sein du commandement militaire.
Il a notamment évoqué la nomination du Général de division Élisée Jean Dao comme nouveau chef d’État-major général des Armées ainsi que la désignation du Général de division Oumar Diarra comme ministre délégué auprès du chef de l’État chargé de la Défense.
Le ministre a également confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire par le Tribunal militaire de Bamako, précisant que plusieurs personnes civiles et militaires soupçonnées d’être liées à la planification et à l’exécution des attaques ont déjà été interpellées.
S’adressant aux missions diplomatiques et organisations internationales présentes au Mali, il a annoncé le renforcement du dispositif sécuritaire autour des chancelleries et représentations diplomatiques, avec le déploiement d’effectifs supplémentaires de police et l’intensification des patrouilles.
Le gouvernement malien a également rassuré les partenaires sur la poursuite normale des activités de l’Aéroport international Président Modibo Keïta, affirmant que les mesures de sécurisation ont été renforcées et qu’aucune contrainte logistique n’entrave la desserte aérienne de Bamako.
Dans son message de clôture, le ministre a déclaré que « les Forces armées et de sécurité poursuivent leur mission avec courage, professionnalisme et détermination », avant d’ajouter : « Le Mali a certes été frappé, notre pays peut tanguer mais il ne chavirera pas».
Kémoko Diabaté
