Bamako a abrité le premier Forum Médical International Mali – Russie « Keneya Daladje », le 21 aout 2025. Une initiative de l’Association Perspective sahélienne et de son partenaire African Initiative qui a regroupé : décideurs, professionnels et experts de la santé, autour des opportunités de coopération entre le Mali et la Russie dans le domaine de la santé. La rencontre, parrainée par M. Aboubacar Sidick Fomba, Président de la Commission Santé, du Développement social et de la Solidarité du CNT, était placée sous le thème : « Coopération sanitaire et opportunités économiques pour un partenariat durable ».
Afin de répondre à la problématique d’accès aux infrastructures médicales modernes, la pénurie de personnels qualifiés, le déficit en équipements et médicaments adaptés et la nécessité d’une meilleure prévention face aux maladies émergentes et récurrentes au Mali et, plus largement, au sahel, l’Association Perspective sahélienne et ses partenaires offrent une alternative aux acteurs en charge de santé au Mali.
Consciente de la place importante de la Russie dans le domaine des sciences et de la médecine, Perspective sahélienne, engagée pour le développement socioéconomique, en général, entend apporter sa pierre pour l’amélioration du plateau technique et de la distribution des soins de santé de qualité à tous les Maliens.
N’étant pas, elle-même, professionnelle en santé, Perspective sahélienne, à travers le premier Forum Médical International Mali – Russie a créé les conditions d’un autre partenariat fécond, en plus de celui qui existe déjà entre le Mali et la Fédération de Russie dans le domaine de la défense et de la sécurité, l’exploitation de ressources minières, l’énergie, l’agriculture, les transports, ainsi que la coopération culturelle et scientifique.
Pour le président de Perspective sahélienne, Mamadou Bah,
La crise sécuritaire qui a renforcé les défis sécuritaires fait que la coopération internationale n’est plus une option, mais une nécessité vitale.
C’est pourquoi, ajoute-t-il, « nous avons voulu, à travers ce forum, créer une plateforme d’échanges entre experts maliens et russes, afin de : partager les savoir-faire et expériences, explorer des opportunités de partenariat technologique et scientifique, et jeter les bases d’une coopération médicale durable et mutuellement bénéfique » a-t-il successivement égrené avant de se réjouir que ce forum marque une étape importante dans le rapprochement entre le Mali, la Russie et l’ensemble des acteurs de la santé au Sahel.
Pour l’honorable Aboubacar Sidick Fomba,
Président de la Commission Santé, du Développement social et de la Solidarité du CNT et parrain de l’événement, ce Forum est important à plus d’un titre. A ses dires, il permet, non seulement d’identifier les synergies concrètes permettant au Mali et à la Russie de mutualiser leurs efforts dans la prévention, le traitement et l’innovation médicale, mais aussi et surtout de poser les bases d’un partenariat économique durable où les investissements dans le secteur de la santé deviennent un levier de croissance, de création d’emplois et de souveraineté sanitaire. C’est pourquoi son collègue membre du CNT, Aliou Tounkara, de la commission Affaires étrangères et de la coopération internationale a, dans un langage familier, invité ses interlocuteurs à faire tout pour aller au-delà des discours.
Si la Russie dispose d’une expertise avérée et reconnue en matière de recherche biomédicale, de technologies pharmaceutiques, d’ingénierie hospitalière et d’une expertise en matière de contrôle des aliments et de systématisation de la pharmacopée, comme énuméré tout au long des échanges, l’honorable Fomba dira, lui, que le Mali, aussi, offre un terrain fertile pour la recherche fondamentale et expérimentale de nouvelles solutions. Cela pour mettre l’accent que ce rendez-vous est une opportunité à saisir pour l’ensemble des deux pays.
Tout en rappelant le processus de refondation actuellement en cours au Mali et qui vise tous les domaines, Aboubacar Sidick Fomba a précisé les attentes de son pays pour ce nouveau partenariat. « Le Mali ne veut plus juste importer des modèles, mais échanger, expérimenter, adapter et maîtriser la connaissance et le savoir-faire par rapport à ses réalités » a-t-il indiqué ajoutant que ce rendez-vous est aussi l’expression d’un choix souverain, notamment, celui « du Mali, au cœur de la zone sahélienne, de réinventer son système de santé pour en faire, à l’image de la coopération militaro-technique, un modèle d’excellence et de professionnalisme au service de notre peuple, des peuples de la Confédération des États du Sahel et de l’Afrique subsaharienne, notamment dans un esprit de coopération gagnant-gagnant et de respect mutuel ».
Il faut noter que du côté de Moscou, Mme Anna Zamaraeva, Rédacteur en chef adjointe de African Initiative et son collègue ont reçu un député de la Douma d’État en charge des affaires étrangères pour partager avec le Mali toute l’étendue de cette nouvelle coopération qui se crée.
Issa Djiguiba
