Les débats actuels et les interventions médiatiques sont tellement riches et contradictoires qu’on se poserait la question de savoir où étaient toutes ces propositions durant toutes ces années de crise.
Seulement, les belles paroles des intellectuels faussaires qui paient très souvent les médias pour faire leur propagande ont toujours été des appâts pour embrouiller et transposer les débats à leur niveau. Quand on écoute un Clément Dembélé qui sort des statistiques et des prévisions catastrophiques, on peut être vite emballé, voire impressionné. Comme Mossa Ag Attaher de la CMA, qui saisit l’occasion actuellement pour passer sous l’éponge tous les dégâts dont la CMA est responsable. Quand le pouvoir s’effrite, tous les oiseaux de mauvais augure planent et se couvrent pour se repositionner, malgré que leurs agitations.
Le problème du Mali est d’abord sécuritaire. Une urgence qui n’a de cesse exigé toute la volonté nécessaire d’être résolue. La mal-gouvernance n’est pas un phénomène nouveau, même si elle a servi beaucoup d’autres qui l’ont présentée comme une épine dans le pied pour terrasser d’autres et par la même occasion l’aggraver.
Nous parlons de résolution d’une crise sécuritaire, avec des techniques d’agitation politique pour scinder le Mali en passant sous silence tous les maux qui l’ont miné. Chaque peuple aspire à la paix. C’est la première condition pour parler de sa prospérité. Dans le cas du Mali, c’est une guerre imposée qu’on voudrait résoudre par une paix maquillée.
Nous avons déjà suffisamment d’expérience en matière de paix négociée et qui a abouti à la perte de l’essentiel de la souveraineté nationale. Comment un pays occupé jusqu’à son centre peut-il parler de négociation de paix ? Un pays où les défaites de l’armée, et le ravage des populations sont incalculables.
Si la paix est négociée à n’importe quel prix, elle occasionnera d’autres guerres encore plus tragiques qui aboutiront à une perte de contrôle total de sa souveraineté. Ces individus qui minent l’espace public avec des recettes sur mesure aident à endormir le peuple malien et l’affaiblir encore plus. Si malgré les tractations et les rencontres inutiles des solutions pérennes ne sont pas trouvées, c’est que les fonds des débats sont toujours évités.
Celui qui aime le Mali aujourd’hui ne dispose que de deux choix possibles: faire don de soi pour libérer le Mali, ou apporter un soutien conséquent à son niveau pour aider à libérer le Mali. Les débats politiques et les questions de place sont des fuites de responsabilité. Parce que tous ceux qui crient par ci et par là, disparaîtront si la situation dégénère, en attendant.
Tout le monde peut faire des beaux discours dans cette cacophonie ou le paraître prime sur la réalité actuelle. Mais si nous nous laissons emporter dans ce cirque, il risquerait d’emporter tout le reste avec lui. Il est plus facile de se battre quand toutes les possibilités existent que de reconquérir un territoire pris.
Touré Abdoul Karim
