A l’occasion de la quatrième édition de la Nuit de l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM), son président, Boubacar Kanouté, a dressé un constat préoccupant sur les conditions de travail des journalistes reporters. Entre salaires dérisoires, absence de couverture sociale, retards de paiement et manque d’équipements, ces professionnels, pourtant en première ligne pour informer la population, « survivent plus qu’ils ne vivent », a-t-il déploré.
« Les autres vivent, les journalistes reporters, eux, survivent », a lancé M. Kanouté, dénonçant la précarité persistante qui mine la profession. Une réalité inquiétante derrière les micros et les caméras que dévoile ce rapport présenté en marge de cette soirée. Absence fréquente de contrats formels, équipements insuffisants, protection inexistante dans les zones à risque, sont autant de difficultés qui rendent, selon le président, périlleux le travail de journaliste, surtout dans le contexte sécuritaire actuellement tendu.
Pourtant, ces reporters jouent un rôle central, rappelle-il, que ça soit de la couverture des événements majeurs où don de parole aux plus oubliés, condition sine qua non pour maintenir le lien entre citoyens et institutions. « Ils sont au cœur de notre démocratie, mais restent en marge de la reconnaissance qu’ils méritent », a déploré le président Boubacar Kanouté.
Un engagement fort pour la valorisation du métier de journaliste
Créée en 2021, l’UJRM multiplie les actions concrètes pour améliorer le quotidien des journalistes. La Nuit de l’UJRM récompense chaque année les reporters et patrons de presse exemplaires. En quatre éditions, rappelle le président, l’événement a permis la distribution de 20 ordinateurs portables, d’une caméra, de deux dictaphones et de plus de 40 bourses d’études en journalisme et communication.
Cette année, 12 ordinateurs portables et 24 bourses seront encore remis aux lauréats, avec l’espoir que ce matériel et ces formations renforcent la qualité de l’information produite.
Ces matériels sont remis à la suite d’un concours de production qui mettait l’accent sur deux enjeux majeurs concernant la presse, à savoir : la lutte contre la désinformation et les discours de haine, ainsi que le rôle de la presse dans la préservation de la démocratie.
Ceci se présente comme un plaidoyer pour un journalisme responsable et protégé, dans un pays où les tensions politiques et sociales sont exacerbées par la crise sécuritaire.
Au-delà des aides matérielles, M. Kanouté a interpellé les autorités sur l’absence d’adoption du nouveau cadre juridique de la presse, attendu depuis 2021. « Les consultations ont eu lieu, le document existe, mais il a été relégué au dernier plan. Ce silence interroge et interpelle », a-t-il affirmé, rappelant que d’autres textes ont été adoptés en urgence dans d’autres secteurs.
Issa Djiguiba
