La Maison de la presse du Mali a rendu publics, les noms de ceux qui ont en charge le suivi de l’opérationnalisation du Conseil éthique et déontologique des Pairs (CODEP), notamment le Tribunal des pairs longtemps réclamé au sein de la corporation. Ils sont au nombre de quatorze dont trois personnes-ressources dirigés par M. Daouda Konaté, premier vice-président de la Maison de la Presse du Mali, Directeur du Journal d’investigation (L’investigateur) et Secrétaire général de l’Union Nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM).
Par décision numéro 0022/MP/2025 a créé le Comité de suivi pour l’opérationnalisation du Conseil éthique et déontologique des Pairs (CODEP), conformément aux recommandations des journées d’échanges, les 25 et 26 juillet 2025.
Dans le contexte actuel de mondialisation entraînant avec lui le besoin de l’information et de la communication rapide, les acteurs des médias par souci de s’adapter à ce rythme s’adonnent souvent à des pratiques pas orthodoxes telles que : la désinformation et la publication de fausses nouvelles ou dans le pire des cas à l’intimidation, à la violence et le harcèlement qui, par conséquent, les exposent à des situations embarrassantes devant la justice, surtout à l’ère actuelle des réseaux sociaux sur lesquelles veille désormais scrupuleusement le pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Chaka Doumbia, secrétaire exécutif du réseau des journalistes d’investigation du Mali interrogé par studio Tamani en septembre 2024, disait que l’une des difficultés majeures qui planent sur les journalistes d’investigation au Mali est relative à la loi sur la cybercriminalité.
Ces dernières années, le nombre des interpellations de journalistes pour infraction a connu une hausse exponentielle au Mali et les cas les plus illustrant ces derniers temps furent ceux de Seydou Oumar Traoré et de Alfousseini Togo.
Si le premier a été interpellé puis placé sous mandat de dépôt à la suite de sa sortie sur les réaux sociaux qui a causé une l’inculpation pour « offense commise publiquement envers un chef d’État étranger », une infraction prévue à l’article 147 du Code pénal malien.
Le cas de Alfousseini Togo est beaucoup plus critique, car malgré la publication de l’article incriminé dans les colonnes d’un journal, Canard de la Venise, le journaliste a payé les frais par une condamnation à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 500 000 FCFA pour « atteinte au crédit de l’État » en dépit de la Loi n° 92-037 AN RM du 13 novembre 1992 portant régime de la presse et délit de presse, la Loi n° 00-046 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délit de presse ainsi que la Loi n°2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité.
C’est justement pour pallier à ce problème que les professionnels des médias ont longtemps recommandé la mise en place d’un instrument pour leur autorégulation, à l’image de l’observatoire pour la déontologie et l’éthique dans la presse, qui malheureusement n’a pas longtemps survécu aux multiples défis de l’heure. Il s’agit de mettre en place une alternative contre ces récurrentes interpellations devant les tribunaux qui pose également l’épineuse question de liberté de presse au Mali.
Ainsi lors de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse en mai dernier, la recommandation a refait surface avant de regrouper après l’ensemble des professionnels du secteur, le département de tutelle et les partenaires sous la coordination de la haute autorité de la communication (HAC), les 25 et 26 juillet 2025. C’est lors de cette rencontre intitulée « journées d’échanges autour de la relance de l’autorégulation des médias au Mali» que la question « de tribunal des pairs» sera insufflée afin d’être un instrument capable de réguler sans réprimer, d’accompagner sans censurer dans le but d’instaurer le professionnalisme en milieu journalistique.
La mise en place d’un comité en charge du suivi de l’opérationnalisation dudit Conseil éthique et déontologique des Pairs (CODEP), marque ainsi un tournant majeur pour l’exercice du métier de journaliste ainsi que la prise en main par la presse, elle-même du sort de la liberté de la presse au Mali. Il aura pour mission principale de définir les critères pour le choix des hommes et femmes de médias qui vont animer le CODEP etc.
Il est composé de quatorze membres à savoir : du président en la personne de Daouda Konaté, premier vice-président de la Maison de la Presse du Mali, Directeur du Journal d’investigation (l’investigateur) et Secrétaire général de l’Union Nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM) ; des représentants de URTEL Mahamoud Bocoum, d’APPEL-MALI : Modibo Fofana, de MPV-Mali : Boubacar Yalkoué, d’URPM : Abdrahamane Bah, d’ACCES : Fadima Maïga, d’AMATEL : Ibrahim Thiocary, de RJDH : Boubary Daou, de RMJI : Chiaka Doumbia, d’APPEM : Dado Camara, d’UJRM : Boubacar Kanouté, de Groupe : Alexis Kalembry, de l’UNAJOM : Boubacar D Wague, d’UNAJEP : Albadia Dicko, d’AJPL : Mahamane Idal Traoré et de Mahamane Hamèye Cissé, Sadou Abdoulaye Yattara et Mahamadou Talata Maiga, personnes-ressources.
Issa Djiguiba
