Tombouctou a accueilli, ce lundi 11 août 2025, le retour des précieux manuscrits de l’Institut Ahmed Baba, symboles de son riche héritage intellectuel. La cérémonie officielle, organisée à la Place Sankoré, a réuni un large public composé de représentants des autorités politiques, administratives et coutumières, ainsi que d’éminentes personnalités du monde académique et culturel. Ce retour s’inscrit dans l’Année de la culture et les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle 2025.
Trois membres du gouvernement ont honoré de leur présence cet événement. Il s’agit notamment du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Boureima Kansaye, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou DAFFÉ, et le ministre de la Réconciliation nationale, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de corps d’Armée Ismaël Wagué.
Dans son allocution, le Pr Boureima Kansaye a salué un « moment historique pour Tombouctou, pour le Mali et pour le monde entier », rappelant que « ces manuscrits ne sont pas seulement des témoins du passé, mais des sources d’inspiration pour l’avenir ». Il a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures et les moyens dédiés à leur conservation, afin qu’ils soient préservés pour les générations futures tout en restant accessibles aux chercheurs et aux étudiants. Pour le ministre, ce retour est aussi un appel à « réinvestir dans la recherche scientifique et à promouvoir le dialogue interculturel, en s’appuyant sur l’héritage intellectuel que représentent ces manuscrits ». Sa prise de parole a mis en lumière le lien entre la sauvegarde du patrimoine et la construction d’un avenir plus éclairé et plus apaisé pour le Mali.
Le ministre Mamou DAFFÉ a, quant à lui, mis l’accent sur la portée universelle de ce patrimoine écrit. « Ces manuscrits sont une mémoire pour le Mali et pour le monde entier », a-t-il déclaré, rappelant que leur valeur dépasse les frontières nationales. Il a souligné que leur valorisation prend une dimension particulière en cette Année de la culture, également marquée par les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025. Selon lui, la culture est un levier de cohésion et un moteur de développement, capable de rassembler les Maliens autour de leurs racines et de leurs valeurs communes.
Ce retour est l’aboutissement d’un long périple marqué par la menace, l’exil et la résistance. Au plus fort des crises sécuritaires qui ont frappé le nord du Mali, nombre de manuscrits furent discrètement transférés vers des lieux plus sûrs, afin d’échapper à la destruction ou au pillage. Grâce à la mobilisation conjointe des habitants, des institutions culturelles, des ONG et de l’État, ils ont pu être conservés dans des conditions acceptables. Leur réinstallation à Tombouctou revêt une signification profonde : il s’agit d’une victoire contre l’oubli et contre toutes les tentatives d’effacement de l’identité culturelle de la région. Ce 11 août 2025, Tombouctou a retrouvé un pan essentiel de son âme, envoyant au monde un message puissant : la connaissance et la culture sont des remparts solides face à la barbarie, et leur transmission reste un devoir sacré pour chaque génération.
Ibrahim Kalifa Djitteye
