Du 26 janvier au 1er février 2026, la Place du Cinquantenaire de Bamako se transformera en une véritable cité culturelle éphémère. Pendant une semaine entière, la capitale malienne accueillera la 11ᵉ édition du festival Ogobagna, « l’écuelle du roi », qui réunira des communautés venues de toutes les régions du Mali et de la sous-région. L’événement s’annonce comme l’un des plus ambitieux depuis sa création, avec une programmation riche et une forte mobilisation attendue.
Placée sous le thème « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable », cette édition entend repositionner la culture au centre des solutions face aux défis sociaux, économiques et sécuritaires du pays. Les organisateurs veulent faire du patrimoine culturel un levier de cohésion nationale et de résilience. À travers cette orientation, Ogobagna 2026 ambitionne de démontrer que la culture peut être un moteur de paix et de développement durable.
Le président de la Commission d’organisation, le Pr Pierre Togo, a rappelé que le festival doit se réinventer en permanence. Après dix éditions jugées concluantes, Ogobagna est désormais présenté comme un espace d’accompagnement du Mali dans sa quête de stabilité et de progrès. En s’appuyant sur des valeurs endogènes et partagées, l’événement aspire à renforcer la confiance collective et à promouvoir une vision durable où la culture devient un pilier essentiel de la société.
Le vivre-ensemble sera au cœur de cette édition. La parenté à plaisanterie, les chefferies traditionnelles, les rituels et les savoirs ancestraux seront mis en avant pour diffuser un message de tolérance et de solidarité. Ces pratiques, profondément ancrées dans l’histoire du Mali, serviront de vecteur pour rappeler l’importance du dialogue interculturel et de la fraternité. Les visiteurs pourront ainsi découvrir des expressions culturelles porteuses de paix et de cohésion sociale.
Grande innovation de cette édition, la communauté Bozo a été désignée invitée d’honneur. Ce choix symbolique constitue une reconnaissance majeure de leur patrimoine culturel. Les Bozos, peuple intimement lié aux fleuves du Mali, bénéficieront d’un programme spécifique mettant en lumière leurs traditions. Danses, courses de pirogues et diverses animations culturelles seront proposées, tandis qu’un quartier Bozo entièrement dédié sera aménagé sur le site du festival.
Fidèle à son identité, Ogobagna 2026 prendra la forme d’une cité culturelle éphémère. Plusieurs espaces symboliques seront installés, notamment la place du Hogon, le Toguna, le quartier des Tamasheks et un musée consacré aux patrimoines nationaux. La place du village, la grande scène, le carré des restaurants et des espaces dédiés à la médecine traditionnelle compléteront le dispositif. Un espace de soins et de dépistage des maladies chroniques sera également opérationnel.
Des zones éducatives destinées aux enfants et aux jeunes viendront enrichir le programme. Ces espaces permettront de sensibiliser les nouvelles générations à l’importance de la culture et de la transmission des savoirs. En parallèle, des activités de renforcement de capacités seront organisées au profit des artisans, afin de soutenir leur rôle dans la préservation et la valorisation du patrimoine. Ogobagna se veut ainsi un lieu de formation autant que de célébration.
Une affluence importante est attendue pour cette édition. Plus de 30 000 visiteurs sont annoncés sur l’ensemble de la semaine, ainsi que près de 200 festivaliers venus de l’intérieur du pays. Cette mobilisation témoigne de l’intérêt croissant pour le festival, qui s’impose comme un rendez-vous majeur de la scène culturelle malienne et régionale. Les organisateurs misent sur cette dynamique pour renforcer l’impact social et économique de l’événement.
Placée sous le parrainage du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, l’édition 2026 bénéficie du soutien de partenaires nationaux et internationaux. Les médias engagés accompagneront également l’événement pour assurer sa visibilité. Ogobagna 2026 s’annonce ainsi comme une édition de référence, où la culture sera célébrée comme un vecteur de paix, de résilience et de développement durable, au cœur de Bamako.
Ibrahim Kalifa Djitteye
