Organisation du concours d’entrée à la nouvelle ENA : Qui veut rompre l’égalité de chance d’accès de tous les fils du pays à cette prestigieuse école ?

Depuis plus de deux décennies, l’Etat malien fait face à une insuffisance de ressources humaines de qualité au niveau de l’administration. Pour pallier ce problème, les plus hautes autorités avec la bénédiction des partenaires techniques et financiers ont recréé l’Ecole Nationale d’Administration en 2006. Et depuis, cet établissement public à caractère scientifique et technologique accomplit efficacement ses missions, notamment le recrutement et la formation des cadres de qualité.

De sa création à nos jours, 6 promotions ont été recrutées dont 4 en activité au sein de l’administration malienne de l’intérieur comme de l’extérieur. Des sortants dont les chefs de services ne cessent de faire l’éloge. Le secret de l’ENA, c’est l’organisation transparente des concours qui accorde la chance à tout candidat qui remplit ses critères d’accès dont l’écrasante majorité des sortants sont des enfants des pauvres. Hélas, l’avenir de cette école qui a déjà posé des actes concrets et appréciables, est de nos jours menacé par les agissements peu orthodoxes du ministre de la Fonction publique et de certains syndicalistes tapis dans l’ombre.

Pourquoi veulent-ils torpiller le système ENA ?

En effet, l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) a été recréée après plus de 10 ans de fermeture suivant la loi N 06-46 du 5 septembre 2006 sous un nouveau régime. Le recrutement de ses élèves fonctionnaires se fait dans une transparence sans précédent. Ce qui est à la base de la grande crédibilité dont jouit l’ENA actuellement.

La création de ladite école a mis fin, du moins pour un temps aux recrutements politiques frauduleux et reclassements tous azimuts dans les corps de métier recrutés et formés par voie de l’ENA. Il s’agit des inspecteurs des finances, des impôts, des services économiques, des douanes, du trésor, des planificateurs, des administrateurs civils, du travail et de la sécurité sociale, des conseillers des affaires étrangères.

Depuis la création de cette école, l’opinion nationale suit de très près ce qui s’y passe et ce qu’elle fait. Actuellement, le système d’organisation des concours est sans faille. Pour être inspecteur des douanes, des finances, bref pour accéder à l’un de ces corps de métier, il faut passer par l’ENA. Or le concours d’entrée à l’ENA n’est pas à la portée des médiocres ni des fraudeurs. Nul ne peut dire le contraire, l’ENA est une école de prestige et réservée uniquement aux meilleurs. Cette renommée, elle la doit à ses directeurs qui, malgré les pressions, les menaces exercées çà et là, ont tenu bon. Ce n’est pas l’actuel ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique qui dira le contraire. Il s’agit de Pr Amadou KEITA. En raison de son intégrité, l’on a voulu ternir son image et s’emparer du concours de l’ENA. Ce cadre émérite est un témoignage vivant sans parler du Premier DG, Fousseiny SAMAKE. Qu’est-ce que ce monsieur n’a pas subi comme pression dans le but faire passer des « fils à papas ? ».

A l’ENA, il n’y a pas de place pour les médiocres, les militants de tel ou tel parti politique. Si l’égalité de chance a un sens, elle existe au concours d’entrée à l’ENA. Toute chose qui dérange les anciens organisateurs des concours d’entrée à la Fonction publique qui se tapaient des millions en faisant passer des « fils à papas » et aussi leurs propres enfants. Cet état de fait dérange également les cadres peu compétents qui ne voient pas l’intérêt du Mali mais plutôt la rude concurrence qui ne leur laisse que peu de chance.

La qualité de la formation à l’ENA est irréprochable à en croire les témoignages des jeunes diplômés sans emploi et des élèves fonctionnaires. Mieux les formateurs comme les anciens ministres : Messieurs Ousmane SY, Baba BERTHE, Sanoussi TOURE, Lassine BOUARE, Sidiki Nfa KONATE, Marimpa SAMOURA…sont des témoignes vivants du sérieux qui règne à l’ENA et dont le capital expérience administrative (théorie et pratique) donne aux élèves fonctionnaires un niveau impressionnant. A cette liste s’ajoute l’ancien Premier ministre Diango SISSOKO.

Que dire de plus quand les élèves fonctionnaires sont formés par des hauts cadres de l’administration malienne ? Que dire de plus quand les produits de l’ENA sont appréciés partout où ils passent au niveau de l’administration ?

Malheureusement, les bonnes choses ne durent pas au Mali. Raison pour laquelle, des individus tapis dans l’ombre à travers l’actuel ministre de la Fonction publique et certains syndicalistes de l’UNTM veulent détruire l’ENA en s’accaparant de l’organisation des concours d’entrée à cette école pour refaire de notre administration un nid de médiocres. Je suis étonné de voir dans l’accord signé entre le gouvernement et l’UNTM, le point relatif à l’organisation du concours à l’ENA qui n’est pas dans le préavis.

A en croire nos sources, le tristement célèbre ministre envisage de recaser les enfants de ses amis politiques et de la plateforme. Le moyen sûr pour y arriver est de couler le navire du sérieux d’abord.

A présent, des congés de formation sont en train d’être accordés aveuglement à des amis, camarades politiques ou enfants des camarades… Chose qui est une violation grave des textes.

Pourquoi de tels agissements ?

Une chose est sûre, avec l’ENA, il est impossible pour les médiocres de devenir des inspecteurs des impôts, des finances… Donc il faut s’accaparer d’elle ou la détruire. Des choses qui nous poussent à interpeller le président de la Transition qui a promis aux Maliens de lutter contre la médiocrité dans la fonction publique, la corruption, la concussion, le favoritisme et le népotisme.

L’agissement du ministre de la Fonction publique et ses complices interpelle le Premier ministre Moctar OUANE connu pour sa transparence et au service de qui, ladite école est rattachée.

Par ailleurs, le moins que l’on puisse dire, c’est que, si le ministre de la Fonction publique et ses complices du syndicat réussissent à torpiller le système ENA, les enfants issus des familles moins nanties peuvent dire adieu la fonction publique. Du moins dans les corps recrutés par l’ENA.

Il y a lieu de rappeler que nulle part, le concours d’entrée à l’ENA n’est organisé par le ministre de la Fonction publique. Aussi, pourquoi le ministre ne cherche pas à mettre la main sur l’Institut de Formation Judiciaire. N’a-t-il pas peur des magistrats ? Ainsi, il voudrait prendre ce qui est prenable selon lui et qui lui donnerait le champ libre pour recaser ses proches. Ce qu’il oublie est qu’il a déjà le monde des chômeurs sur son dos.

On se demande aussi si l’existence de l’Amicale des sortants de l’école est réelle. Si elle existe, elle doit mener des actions de vigilance et de défenses des acquis de cette école dont ils sont issus.

Le Conseil National des Jeunes, le collectif des jeunes chômeurs, l’Amicale des Anciens Elèves Fonctionnaires de l’ENA, sont interpellés par rapport à la stratégie du ministre actuel et de certains syndicalistes qui, après avoir prolongé l’âge de la retraite veulent faire barrage à l’accès équitable des diplômés à la fonction publique.

Enfin, il faut noter que l’ENA n’est pas la seule dans le viseur du ministre, nous reviendrons.

A suivre !

Correspondance particulière

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