Pour mettre fin aux conditions de vie « précaires » des artistes maliens : Abdoulaye dit Allaye Koita fait une proposition de loi

Avec l’avènement des téléphones androïdes, des clés USB et des réseaux sociaux, rares sont ces artistes qui vivent de leurs chansons, aujourd’hui au Mali. Comme cause : les outils technologiques et les réseaux sociaux ont carrément remplacé les cachettes. En la matière, le président du Mouvement en Avant, Abdoulaye dit Allaye Koita propose une loi permettant de résoudre le problème.

« A cause de ces nouvelles technologies, les artistes maliens ont vu leurs revenus fondus on dirait le beurre sous le soleil. En plus de cela, les sociétés de production de cachettes ont été, sans aucune alternative, en faillite », explique le président du Mouvement en Avant, un des partis politiques du pays. Aux dires de M. Koita, les CD que les gens utilisent, de même que les téléphones portables passant par les clés USB ne permettent pas aux artistes de vivre de leurs efforts. « L’usage de ces outils technologiques sape les œuvres artistiques, parce que les gens ne se tâchent plus à acheter les cachettes, avec l’avènement desdits outils », a-t-il dit indiqué. Malgré toutes ces difficultés existant, poursuit le leader politique, les artistes continuent de produire dans des conditions précaires. Chose qui, estime Abdoulaye dit Allaye, n’est pas normale. Cela, par le fait que « leur travail doit leur permettre de vivre dignement, comme tous les autres citoyens d’ailleurs ». Pour alors revaloriser le métier et permettre aux professionnels de bénéficier des fruits de leurs efforts, Abdoulaye propose à ce que toutes les chansons de ces artistes soient répertoriées par une nouvelle structure à mettre urgemment  en place. Cela, dit-il, de telle sorte que les artistes puissent trouver une rémunération lors de chaque transfert ou de téléchargement de leurs chansons. Pour être clair, il propose la mise en place de ladite structure au niveau du bureau malien des droits d’auteur pour le recensement des artistes et les chansons.

Le leader politique trouve que  ce travail est bien possible avec des agents qui s’occupent de la gestion financière et administrative, et des ingénieurs qualifiés qui assureront le travail technique de l’opération. Justifiant l’urgence de relever les défis auxquels le secteur est confronté, il alerte que les artistes ne vivent plus de leur travail personnel. Une situation due à des sociétés de téléphonie mobile, les commerçants vendeurs desdits outils technologiques, voire à la complicité des dirigeants du pays. Le pire, déplore-t-il, « pendant que les sociétés de téléphonie mobile amassent des milliards suite aux ventes des outils qui sapent ces œuvres (chansons), les artistes s’appauvrissent tous les jours ».Il estime que ces sociétés de la téléphonie mobile peuvent faire de retenue, au sujet de la vente des forfaits. Parce que chaque chanson est en bites. Les téléphones aussi vendent des forfaits en bites. Donc, ajoute-t-il, le calcul est facile. Pour les commerçants vendeurs de technologies de l’information et de la communication, propose le politique, l’Etat peut céder une partie de la TVA de 2% par exemple. Il peut aussi créer une taxe supplémentaire (taxe sur le droit d’auteur de 2%). A cet effet, les outils technologiques doivent être dédouanés à 20% pour leur importation, dont les 4% seront renversés à la structure chargée de la gestion du fonds des artistes. « Cette loi que je propose, mentionne-t-il, elle est d’abord économique. Parce qu’elle permettra à la musique malienne de se frayer un chemin compatible avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication ». Elle est ensuite culturelle. En ce sens que la loi permettra de vendre la musique et la culture malienne, encourageant les jeunes talentueux qui ont peur de se lancer dans le métier à cause du manque de rémunération, dit-il. « Le côté social de cette loi est visible, car cette rémunération permet aux artistes de mieux vivre en quittant dans des conditions misérables. Les artistes n’auront plus besoin de demander secours aux gens, une fois tombés malade, si on arrive à adopter cette loi », conclut M. Koita.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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