Les relations entre le Mali et le Burkina sont des relations particulières fondées sur l’histoire et la géographie. Les deux Etats ont évolué ensemble dans la mouvance française à l’époque coloniale et ont créé avec le Dahomey actuel Benin, et le Sénégal le 17 janvier 1959, la fédération du mali a été la première association d’Etat Ouest Africaine.
Pour de raisons politiques, les deux Etats vont accéder différemment à l’indépendance en 1960. Le Burkina qui adhéra au conseil de l’entente en mai 1959 et opta pour l’application de l’article 78 de la constitution française de 1958. Le mali de son cote reste Fidel à l’idéal fédéraliste et opta pour l’article 86 de ladite constitution. Partagent une frontière commune, les deux pays ne disposaient d’aucun document susceptibles d’écarter les frictions dans les zones frontalières. En effet, une première commission mixte a tête mise en place des 1661 cette dernière échoua et fut remplacer par une autre en 1964. En 1968 une troisième commission fut créée. Et en 1971 une commission mixte d’abornement a été mise sur pied pour enfin adopter à proposer aux deux gouvernements.
Ces dispositions n’ont pu empêcher l’éclatement d’un conflit en juin 1975, la commission de l’OUA pour le règlement des conflits trancha en faveur du Burkina sur la base de l’argument cartographique. Mais le mali rejeter cette décision estimant qu’ « elle n’a pas la force d’exécution ».
Ce conflit de frontière mettra-t-il fin à la relation existant entre le Mali et Burkina ?
Des affrontements éclatent à la frontière entre le Burkina Faso et le Mali, après que le Burkina Faso ait tenté de tenir un recensement dans la bande frontalière de Agacher, une zone disputée par les deux pays. Les combats réactualisent un conflit vieux de deux décennies qui se réglera définitivement après une guerre de 5 jours.
La bande d’Agacher, longue de 160 kilomètres et large de 20 kilomètres, a la réputation d’être riche en minerais. Depuis 1974, le Mali et le Burkina Faso s’en disputent la possession. Des combats aériens et terrestres ont lieu du 25 au 30 décembre 1985. Après l’annonce de plusieurs trêves non respectées, deux cessez-le-feu sont annoncés le 30 décembre. Le premier est piloté par la Libye et le Nigeria, le second, qui entrera en vigueur, se tient sous les auspices de l’Accord de non-agression et d’assistance en matière de défense (ANAD), un pacte conclu en 1977 par la Haute-Volta (Burkina Faso), la Côte-d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. Une fois la guerre terminée, les deux belligérants déclarent avoir obtenu des victoires écrasantes. Cependant, le Mali, avec des forces aérienne et terrestre supérieures, était en contrôle des villages disputés. Le conflit territorial est finalement réglé en janvier 1986 alors que la Cour internationale de justice de La Haye demande aux deux parties de respecter le statut quo administratif qui prévalait avant le début du conflit. Le 17 janvier, les présidents : Moussa Traore du Mali, et Thomas Sankara du Burkina Faso, se rencontrent à Yamoussoukro, en Côte-d’Ivoire. Tous deux conviennent de retirer leurs troupes de la bande d’Agacher. Le 30 janvier, un règlement définitif du conflit est conclu. Ce compris mettra-t-il fin à ce conflit transfrontalière entre les deux pays voisins ?
Le 25 décembre 1985, l’armée malienne lançait une offensive en territoire burkinabè. Officiellement déclenchée en raison d’un litige frontalier dans la bande d’Agacher, cette seconde « guerre des pauvres » constitue surtout l’apogée de plusieurs mois de tensions entre le Mali de Moussa Traoré et le Burkina Faso de Thomas Sankara. Les combats ne durent que deux jours et feront quelques morts, avant qu’une médiation des pays voisins mette fin au conflit entre les belligérants.
Ainsi, durant les régimes de Amadou Toumani Touré, et son homologue burkinabè Blaise Compaoré, ont fait le constat d’une parfaite identité de vues sur des questions de préoccupation commune. Le président malien, Amadou Toumani Touré, a séjourné du 18 au 19 mars 2010 au Burkina pour une visite d’amitié et de travail. Il était allé féliciter, le président Blaise Compaoré, et le peuple burkinabè pour le travail effectué au niveau du bornage de la frontière (1.303 km) entre les deux pays. Amadou Toumani Touré et Blaise Compaoré ont un motif particulier de satisfaction : l’achèvement du bornage, sans intervention extérieure, de la frontière commune longue de 1.303 km. Grâce à la hauteur d’esprit, grâce à la confiance des dirigeants et également aux efforts du président Blaise Compaoré et de ATT, ont réussi à poser un acte presqu’inaperçu. Les deux pays ont réaffirmé leur volonté commune d’identifier et de réaliser des projets communs de développement économique et social. Sur les plans sous régional, régional et international, les deux présidents ont fait part de leur convergence de vues sur les questions relatives au développement, ainsi que celles liées à la paix et à la sécurité en Afrique et dans le reste du monde. Les deux chefs d’Etat ont appelé au renforcement de la coordination et de la coopération régionale contre l’insécurité rampante. La lutte contre le terrorisme et les autres crimes transfrontaliers sera menée notamment dans le domaine de la coopération judiciaire et en matière d’échanges d’informations. A ce propos, Blaise Compaoré a réaffirmé son soutien à l’initiative du président Touré d’organiser à Bamako une conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’espace concerné sur la paix, la sécurité et le développement. Une telle rencontre sera l’occasion d’adopter de mesures susceptibles d’assurer la sécurité collective et le développement socio-économique commun. De son côté, Amadou Toumani Touré a rendu hommage à son homologue burkinabé pour ses efforts «soutenus et fructueux» de médiation dans les crises qui secouent la sous-région, au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée. Ainsi créa une bonne atmosphère entre ces deux pays jus ’aujourd’hui.
Assitan DIAKITE
